Les jumeaux et les relations amoureuses
Entrer dans une relation amoureuse lorsqu’on est jumeau … un sacré défi !
Dès la conception, les jumeaux expérimentent le couple. Ils se construisent en vie intra utérine sur ce modèle. Le plus souvent, au travers d’une fraternité fusionnelle et d’une complicité et connivence exprimant beaucoup d’amour. Avec quelquefois aussi de la cryptophasie (langage secret) qui renforce ce lien et les met dans un monde particulier – le leur - ou encore de la télépathie et une conscience de l’autre sans qu’il soit nécessairement là.
Toujours ensemble ou jamais l’un sans l’autre, telles pourraient être leurs devises.
La Vie les amène, pourtant, à vivre quelquefois des séparations obligées et les conduit – momentanément ou pas - sur des chemins divergents. Ainsi lors de problèmes de santé à la naissance (couveuse, transfert à l’unité des prématurés, soins particuliers) ou en vie biographique (hospitalisations, éloignements géographiques). Ou lors de l’entrée à l’école (obligation d’être dans des classes différentes).
La gémellité devient alors à la fois une force (par la solidarité et le lien fusionnel) et un défi : comment se donner le droit de vivre pleinement, d’aller vers son propre potentiel (de santé, de réalisation personnelle), lorsque son jumeau est en difficulté ou lorsqu’on est obligé de quitter l’état fusionnel ?
Le véritable défi pour le couple gémellaire, c’est lorsque l’un des deux tombe amoureux.
En tombant amoureux, le jumeau fait comme une infidélité au couple gémellaire. Pour les jumeaux, le couple gémellaire , fondé sur un lien fusionnel ancien, rend souvent complexe l’accès à l’autonomie émotionnelle. Tomber amoureux d’un tiers peut être vécu comme une forme de trahison, tant pour soi que pour l’autre jumeau, et implique un processus parfois douloureux de séparation affective. Cela peut être complexe d’oser faire ce pas.
La conscience que chaque être doit avancer sur son propre chemin peut être là, mais dans la réalité, il reste quelquefois une ambivalence et/ou un inconfort, qui vont se manifester par une recherche – inconsciente - de compromis permettant à la fois de préserver le lien gémellaire et de s’ouvrir à un autre couple.
Il y a inconfort lorsqu’un des jumeaux ne s’entend pas particulièrement avec le partenaire de son alter ego. Il y a alors une forme de concurrence entre les deux, et comme un grain de sable qui fait que la relation devient moins fluide.
Ou encore lorsqu’une jumelle est enceinte alors que sa jumelle ne l’est pas, ou n’est pas dans une relation amoureuse réjouissante et permettant d’envisager avec sérénité un projet de famille.
A l’inverse l’inconscient nous amène vers une tentative de solution de compromis lorsque des faux jumeaux (garçon et fille) cherchent l’équivalent du frère jumeau ou de la soeur jumelle, pour reformer un couple, à l’identique.
Ainsi, dans le couple gémellaire Sandro et Anne : Anne va tomber amoureuse d’un autre Sandro, qui prend le relais de son jumeau. Une douce façon de ne pas rompre le lien gémellaire et de le transposer ailleurs.
Il y a, dans la Vie, un moment où le couple gémellaire doit s’autonomiser, s’individualiser, prendre son envol de manière séparée. Cela signifie de traverser cette étape comme un deuil, sans entretenir une nostalgie de la relation fusionnelle, afin de s’ouvrir à de nouveaux possibles.
Le défi de ce nouveau couple sera lié à la sexualité :
comment passer de l’amour fraternel à l’amour sexué ?
Un jumeau (homme) peut aller rechercher une forme d’amitié forte, une relation particulière avec un homme portant le même prénom que son frère jumeau ou alors avec un autre Thomas (patron des jumeaux et donc représentant de la gémellité), comme pour prolonger ou compléter son lien gémellaire.
On verra la même chose entre des jumelles, quand l’une des deux cherche l’équivalent de sa soeur ailleurs, avec une femme portant le même prénom. C’est une manière de recréer le couple gémellaire et d’espérer cette connivence et complicité si particulières aux jumeaux. C’est une manière aussi d’être dans l’assurance d’avoir toujours à ses côtés le représentant de son alter ego.
On retrouvera ces mêmes mécanismes dans un couple avec des dates de naissance identiques ( ou très proches) ou des prénoms identiques (Michel et Michèle) . Lorsque les partenaires sont des jumeaux symboliques, il arrive que la sexualité soit délicate car qui dit gémellité dit avant tout fraternité.
C’est également l’inconscient du tissu gémellaire qui a poussé Paulette, soeur jumelle d’Étienne, à s’unir à un conjoint qui prendra le rôle du parfait jumeau, celui-ci étant né non seulement exactement le même jour et la même année que le couple gémellaire mais avec, en plus, un prénom évoquant les moitiés (prénom contenant la syllabe Mi, manifestant un lien à la thématique gémellaire) !
La gémellité reste fascinante et mystérieuse. C’est un lien de coeur à coeur, un lien qui a pris racine in utero et qui répond souvent à un contrat d’âme.
Le couple gémellaire est progressivement appelé à se transformer pour aller vers une réalisation individuelle au travers d’un autre couple. Sans pour autant délaisser le couple d’origine.
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“Gémellité perdue et gémellité symbolique : murmures de l’âme”
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