HYPERSENSIBILITE & DEUXIEME CERVEAU

Savez-vous qu’en réalité, nous avons 3 cerveaux ?

  • un cerveau dans notre tête , comprenant le cerveau reptilien, le système limbique et le cortex. Il contient 100 milliards de neurones.

  • un cerveau dans notre ventre, avec 200 millions de neurones, plus que dans le cerveau d’un chien.

  • un cerveau dans notre cœur , comptant 40.000 neurones et dont le rôle est de gérer au plus près le rythme cardiaque et le fonctionnement du cœur.

Les 3 cerveaux communiquent, échangent des informations entre eux et sont autonomes.

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Dans notre vision occidentale, le 2ème cerveau désigne les intestins ( intestin grêle et gros intestin). En MTC, le cerveau entérique prend la première place alors qu’en Occident, nous avons laissé le cerveau de la tête prendre le dessus et être le chef !

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L’un comme l’autre ont un système de neurotransmetteurs. Certains de ces neurotransmetteurs sont excitateurs (comme la dopamine et l’acétylcholine) et d’autres sont inhibiteurs ( comme la sérotonine et le GABA) . La sérotonine, hormone de la détente et du bien-être, est produite à 85 % dans l’intestin grêle et prend part aux échanges entre le cerveau et l’intestin, via le nerf vague.

La sérotonine régule l’humeur, l’anxiété et le comportement : elle est une clé fondamentale pour vivre plus sereinement et plus harmonieusement. Le taux de sérotonine influencerait sur notre humeur et les pensées négatives ou positives influenceraient à leur tour le taux de sérotonine. Cela va donc dans les 2 sens.

La sérotonine est la seule neuro-hormone pouvant empêcher ou arrêter l’augmentation de la production de cortisol, d’adrénaline et de noradrénaline, qui sont toutes les 3 des hormones du stress. Et tout cela se passe essentiellement dans notre ventre !

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On comprend dès lors qu’il est essentiel de prendre en compte l’axe intestin - cerveau.

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Regardons de plus près : le système nerveux central (le cerveau) et le système nerveux entérique (intestin grêle) se ressemblent dans leurs circonvolutions et communiquent entre eux via le nerf vague. C’est juste fascinant !

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La fonction de l’intestin grêle est de trier les informations, puis de faire un travail d’assimilation et d’absorption, avant de rejeter les déchets dans le gros intestin. Ce sont des informations au niveau nutritionnel tout d’abord, mais également de type émotionnel, comme pour tout le système digestif. Les expressions comme “j’ai de la peine à digérer cette histoire”, “j’ai le ventre noué”, “j’ai une boule au ventre” nous rappellent que nos émotions sont logées dans notre ventre. Quand on a une sensibilité digestive, il est judicieux de s’aider avec de l’huile essentielle de cardamome, qui va non seulement nous aider à digérer (gérer 2 fois) mais surtout à intégrer et assimiler les expériences de vie. Elle est vraiment une incontournable, à respirer et à ingérer !

La particularité de l’intestin grêle, ce sont ses incroyables villosités permettant l'amplification des processus d'absorption par augmentation de la surface intestinale et donc du nombre de cellules. D'une longueur moyenne de 6 mètres, l’intestin grêle augmente sa surface de contact entre les nutriments et la paroi jusqu'à 250 mètres carrés.

Il n’est décidément pas banal, cet intestin grêle : il donne l’impression d’avoir une véritable profondeur cachée. ll est aussi “relié” à l’ombilic, vestige de notre arrivée sur terre, l’ombilic faisant face à un point essentiel d’acupuncture , appelé Ming Men, la porte de la vie ou porte de la destinée. C’est également dans cette zone du ventre que se déploie notre hara ou Dan Tien, à 3 cm en-dessous de notre nombril ! Quelles richesses autour de notre ventre !

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Oui ! Et alors ?

Pratiquer la kinésiologie en incluant cet axe et en questionnant le 2ème cerveau est devenu juste une évidence pour moi ! Le traditionnel “je demande à ton cerveau un oui clair / un non clair” ( questionnement de base pour entrer dans le testing musculaire propre à la kinésiologie ) est désormais suivi dans ma pratique - et ceci depuis plusieurs années - d’un même questionnement et recherche d’informations au niveau du 2ème cerveau ! J’avais depuis ma formation complémentaire de nutrithérapie pressenti cette piste. Et un jour, je me suis lancée ! Avec des résultats incroyables, car en accord avec ceux qui viennent me rencontrer !

En effet, face aux enfants actuels, le plus souvent (hyper)sensibles, véritables éponges émotionnelles et énergétiques, il était important de se mettre en résonance avec toute cette subtilité qui leur est propre. Ces enfants ont des antennes très développées : ils sentent et captent les ambiances et les gens. Ils plongent dans les failles et les faiblesses des adultes. Ils sont exigeants, car ils obligent leurs parents et les adultes qui les accompagnent à être parfaitement ancrés, alignés, cohérents. Ce sont clairement des enfants qui viennent faire évoluer le monde et qui sont des éveilleurs de conscience.

Je cite ici Jeanne Siaud- Facchin qui résume en quelques lignes l’essentiel :

“L'intelligence est d'abord perceptive. Elle capte avec tous les sens les moindres murmures du monde. Elle perçoit l'invisible, l'infime. La sensibilité c'est la porosité au monde, aux autres, à la vie. La sensibilité c'est ce qui enrichit nos vies à chaque instant de tout ce qui s'y trouve, là, maintenant, juste là,. C'est une force immense, mais une force fragile. Percevoir un regard, un non-dit, sentir une ambiance trouble, saisir une parole fausse, capter une mimique qui contredit les mots, être touché jusqu'au fond de soi par l'émotion d'un autre, ... L'hypersensibilité c'est la présence au monde avec tous les sens grands ouverts.”

“Cette sensibilité qui est une porosité “ : si nous maltraitons notre intestin grêle, en mangeant n’importe quoi et en n’écoutant pas les signaux que le corps nous envoie, il arrive qu’un jour, l’intestin devienne poreux, ayant perdu sa capacité à faire le tri entre ce qui est à garder ou à rejeter ! C’est la porte ouverte aux intolérances alimentaires ! Quand le ventre va mal, le cerveau ne peut aller bien !

Souvenons-nous que l’intestin grêle a aussi un rôle essentiel dans l’apprentissage (apprenti- sage scolaire et de vie) : tout ce que nous devons apprendre a plus ou moins bon goût (bouche) , est quelquefois lourd ou difficile à digérer, (estomac) puis doit être assimilé (intestin grêle) , avant de le relâcher ou l’éliminer (gros intestin). Le véritable travail autour de l’apprentissage, c’est celui d’appropriation de la matière : c’est faire sien !

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Au niveau énergétique, le méridien de l’intestin grêle nous enseigne à apprendre de nos propres expériences, à tirer une leçon de vie .

Pas étonnant qu’un des points clés pour démarrer une séance de kinésiologie et basculer sur un “oui et un non” clairs, c’est le fameux point karaté (Intestin Grêle 3).

Revenons aux enfants hypersensibles : ces enfants captent des informations de cerveau à cerveau, de coeur à coeur et de ventre à ventre ! Ils ont la capacité à sentir à la place de l’autre, et à être totalement en empathie et en connexion ( ou en rejet, quand cela ne passe pas !) .

“La sensibilité, une force immense, mais une force fragile” selon Jeanne Siaud-Facchin. Mon amie et co-animatrice des ateliers sur les enfants hypersensibles, Aline Fridez, ajouterait que le défi, c’est justement de faire de cette hypersensibilité une force. C’est ainsi que l’on quitte le rôle de victime, pour devenir pleinement acteur de sa vie et écrire sa légende personnelle !

Et si la fragilité et la force se trouvaient au même endroit ? Simplement dans notre ventre. La MTC l’a compris depuis des millénaires : il est essentiel de prendre soin de notre ventre (que ce soit au niveau alimentaire ou émotionnel) .

Nous venons du ventre maternel, et une fois sur terre, il serait bon d’apprendre à nous y installer et à rester connectés à son énergie.

Et concrètement dans ma pratique de kinésiologue ?

Je commence toujours par une exploration traditionnelle, au niveau du cortex , ( un “oui et un non” clairs, pour le cerveau) puis (quelquefois déjà lors de la première séance), je fais mettre une main sur le ventre, au niveau du nombril, et je relance le questionnement à ce niveau-là , pour mettre en conscience ce 2ème cerveau, et l’axe intestin - cerveau! Cela me permet d’aller dans la profondeur et la subtilité et de laisser vibrer et résonner cette énergie qui vient du ciel et qui demande à s’enraciner ! C’est très pertinent pour les enfants actuels, et pour tous ceux qui ont un profil avec un cerveau droit prédominant.

La main au niveau du nombril - sorte de racine interne - active le mystère de notre conception et le grand mystère de la Vie. C’est une manière de revenir à l’origine. Qu’est ce qui fait que nous sommes là, dans cette histoire de vie-là ? Comment, dans cette incarnation, développer nos racines et nos ailes ? Quelle belle histoire !

Le défi des enfants actuels et hypersensibles , c’est d’intégrer la matière et le corps, et d’accepter leur choix d’incarnation, ainsi que les contraintes de la matière et de la vie terrestre. Ils ont besoin de développer des racines solides, profondes, afin de se sentir en sécurité sur la terre, et sans peur de perdre les connexions avec les mondes subtils. C’est un véritable travail d’in-corporation (s’installer dans le corps, le coeur et le ventre), entre Terre et Ciel, et de descente dans la matière.

Le rôle des parents, des éducateurs, des enseignants, des thérapeutes face à ces enfants hypersensibles est d’apprendre à être dans l’ouverture, et les nourrir, non seulement intellectuellement, mais émotionnellement, énergétiquement, vibratoirement !

Mon rôle en tant que thérapeute est de les accompagner dans ces subtilités. Le plus souvent, je ressens ces enfants comme étant des guides pour éveiller ma conscience. Je reste admirative devant leur potentiel et leur immersion avec les mondes d’en haut et suis pleine de gratitude d’avoir la chance d’en rencontrer autant !

Si vous avez lu cet article avec intérêt, je vous invite à vous questionner si vous aussi, ne seriez pas un brin hypersensible ! Mon constant est que le plus souvent, les parents qui m’amènent des enfants avec un profil d’hypersensibilité le sont également !!! A vous de voir comment cela résonne en vous !!!

Merci pour vos partages et surtout vos commentaires sur ce sujet un peu “audacieux” !

Merci à mes amies

  • Stéphanie Zuppinger, (www.espacepouretre.ch) qui, lors d’une rencontre entre amis thérapeutes, nous a partagé cette idée de travailler au niveau du 2ème cerveau

  • Aline Fridez, co-animatrice de l’atelier “Enfants (Hyper)sensibles : comment leur donner des racines et des ailes” . (www.tombeduciel.ch).

Les prochaines dates des ateliers sur les “Enfants Hypersensibles”

  • vendredi 27 septembre, région de Besançon (à Roche sur Linotte)

  • samedi 28 septembre, à Bienne

  • samedi 5 octobre, région de Nîmes

  • samedi 12 octobre, à Ajaccio

    Autres cours sur : www.kinessence.ch/les-cours

Lectures conseillées :

  • “Le charme discret de l’intestin”, Giulia Enders

  • “A fleur de peau, le roman initiatique des hypersensibles”, Saverio Tomasella

AU COEUR DES MOUVEMENTS CROISES : histoire de vie

Je partage : l’histoire d’une femme, la quarantaine. Son défi : se remettre à étudier et passer un examen.

En bref : se dépasser, se surpasser, tout ceci pour aller de l’avant, professionnellement parlant !

 Y aller, sans trop savoir si cette nouvelle étape va correspondre à ses réelles aspirations.

Car à l’intérieur d’elle, elle se sent attirée par les approches alternatives de santé. Qui sont aux antipodes de son activité professionnelle actuelle.

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 Voyons en pratique ce que cela donne : je lui propose des enchaînements de mouvements croisés, devant, derrière, de côté et ski de fond.

En superposant à haute voix :

je suis : décidée, dynamique, déterminée.

En insistant sur le passage entre chaque variante, car c’est là qu’est le défi : dans le changement de l’un à l’autre.

 A un autre niveau de conscience, la lettre « d » de ces 3 adjectifs se met en résonance avec le Daleth des Lettres Hébraïques, lettre qui est un battant de porte. Et qui permet, par conséquent, l’ouverture !

Rapidement, elle sent que quelque chose la freine, dans les X derrière le corps. Plus précisément dans le passage de devant à derrière. A l’écoute de mes mots lui exprimant comment symboliquement cette variante nous relie au passé et par extension, à nos ancêtres, elle met en lumière le fait qu’elle est la seule de son clan à avoir quitté son Amérique Latine natale à 17 ans. Elle est en quelque sorte aux antipodes de l’histoire des femmes de son clan, et c’est comme si ces dernières étaient encore présentes dans son dos.  

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Emerge ensuite le souvenir de sa Grand-Mère maternelle (avec une jolie synchronicité sur la date de séance et à 2 jours près, la date-anniversaire de cette aïeule), Grand-Mère tant aimée, n’ayant pas eu le droit d’aller à l’école mais lui répétant souvent l’importance d’étudier et de s’ouvrir à l’apprentissage. Cette aïeule, totalement illettrée, mais porteuse d’un prénom évoquant la scolastique (prénom dicté par le calendrier du Saint du jour) et par conséquent l’apprentissage, avait une connaissance « intuitive » des plantes et le don de guérir avec des potions d’herbes médicinales : elle était donc riche de cette sagesse ancestrale et d’une connaissance transmise oralement.

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 On retrouve ici l’énergie des reins, en lien avec la mémoire ancestrale, mais également le lien que fait la MTC entre le rein, le pied et l’oreille, tous les 3 partageant une même forme embryonnaire. Et également la notion que la connaissance se transmet oralement, de génération en génération.

 Une deuxième partie de séance, avec une libération émotionnelle, permettra de reconnaître l’ancêtre, dans son contexte de vie. Ma cliente étant très connectée et intuitive, des images de sa propre enfance remontent à sa conscience et viennent comme créer des ponts entre le passé de la Grand-Mère et son propre présent. La reconnaissance devient re-co-naissance, au sens de « re-naître avec ».

On termine avec un retour au corps et à la verticalité, afin de vérifier l’intégration de cette histoire, au travers des mouvements croisés et du passage en boucle de devant à derrière. Pour fluidifier et intégrer la richesse du passé au temps présent. En prenant le temps d’être véritablement dans la conscience du passage de la ligne médiane et de cette zone de passage qu’est le corps calleux, entre nos 2 hémisphères. Le corps montrant encore pas mal d’agitation, je suggère de prononcer le mot « relax », pour amener plus de détente dans la verticalité.

Ce qui donne :

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Je suis : (sur l’avant du corps)

Décidée (Main droite et genou gauche)

Relax (retour au centre, dans la verticalité)

Dynamique (main gauche et genou droit)

Relax (centre et verticalité)

Déterminée (main droite et genou gauche)

Relax (centre et verticalité)

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Je suis : (sur l’arrière du corps)

Décidée (main gauche et genou droit)

Relax (Centre et verticalité)

Dynamique (main droite et genou gauche)

Relax

Déterminée (main gauche et genou droit)

Relax …

 

Puis revenir aux mouvements devant. Et ainsi de suite jusqu’à sentir une intégration fluide. En boucle

Le fait de prononcer le mot « relaX » (inscrit volontairement sur mon tableau blanc avec un X majuscule pour envoyer à son cerveau une information de collaboration hémisphérique) lui a permis d’inscrire dans le corps et au travers du corps calleux combien il était essentiel de réunir nos 2 intelligences complémentaires (logique et intuitive).

Le temps d’alignement dans la verticalité, que je conçois comme un temps de repos et d’intégration, (relax) nous renvoie également à un « alignement des lignées », entre ciel et terre, comme si notre généalogique (nos ancêtres) et notre biologique (notre vie) pouvait aller à la rencontre l’un de l’autre.

Dans le ressenti de ma cliente et en relation avec son histoire de vie, le fait de réunir une main et la jambe opposée a été vécu comme 2 polarités se rejoignant. Et par extension,  2 pôles géographiques , 2 continents à l’opposé l’un de l’autre, 2 histoires de vie,  2 manières d’aborder la connaissance.

Les enchaînements de X lui ont permis de libérer les chaînes du passé et de vivre le passé de cette ancêtre non plus comme un frein mais comme un soutien.

La séance se termine le sourire aux lèvres, voire avec une amorce de “gai rire”.

Son défi de passer prochainement un eXamen reste le même, mais la manière de l’aborder sera certainement différente. Peut-être qu’elle le vivra comme un “pas sage” vers autre chose, une sorte de pré-texte pour continuer vers ( ou revenir)  à une formation lui permettant de mettre en avant et en lumière l’héritage intuitif et sensitif, reçu par sa Grand-Mère maternelle. Qui sait ?

Et pour ma part ? Quelle joie et quelle richesse dans ces multiples rencontres faites au travers de mon cabinet ...? Je n’ai pas encore trouvé de meilleur moyen que de vous le partager par l’écriture. C’est mon plaisir ! Et j’y tiens !

    

Chaque rencontre est une épreuve qui vient enrichir notre expérience et notre connaissance de la vie
— Mazouz Hacène

DOUCEUR & SUCRE DANS LA VIE DE L'ENFANT

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Le mot “douceur(s)” évoque le plus souvent le monde de l’enfance : douceur de la maman pour l’enfant qu’elle porte en elle, douceur de cette maman qui va prendre soin de son enfant, en le nourrissant, à un niveau concret et affectif, douceurs de nos goûters d’enfant, mais aussi, pour nous adultes, petites douceurs avec le café ou avant d’aller se coucher !

Comment la douceur (les douceurs) et le sucre sont présents dès les premiers instants de vie de l’enfant et comment il est question de digestion(s) concrète et émotionnelle, ainsi que d’apprentissage : tel est le sujet du jour !


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Commençons par replonger en vie intra utérine : chaque enfant prend racine dans le ventre de sa maman, ventre qu’il a choisi pour vivre son aventure terrestre et pour évoluer. Au tout début de cette histoire, la petite graine, nommée embryon, a besoin de sucre pour se construire et pour s’accrocher à la paroi utérine au 7ème jour.

Au fil du temps, le cordon ombilical et le placenta (une sorte de galette) assureront au fœtus qu’il est correctement nourri pendant les 9 mois de gestation. Il nous reste de ce temps la marque du nombril, sorte de vestige de ce qui fût le cordon ombilical, et représenté par le point Vaisseau Conception 8. Et localisé au niveau de l’intestin grêle (considéré par la Médecine Traditionnelle Chinoise comme notre 2ème cerveau).

Déjà en vie intra utérine sont entremêlés les nourritures affectives, émotionnelles et nourricières : in utero, le bébé se nourrit indirectement des émotions de sa maman. Le liquide amniotique s’imprègne des émotions vécues par la maman et le foetus ne peut y échapper : c’est comme un bain forcé. Il est obligé de les digérer ( le mot “digérer” nous indique qu’il s’agit de “gérer 2 fois”). Quelquefois la vie adulte exigera de lui qu’il démêle, trie et se libère de ces noeuds émotionnels.


Indirectement en contact avec différentes saveurs et différents goûts, le foetus s’ouvre à la richesse de la diversité gustative, et en même temps, à la richesse des émotions humaines. Plus ou moins digestes !

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A la naissance, le cordon est coupé, le placenta est délivré du corps de la maman, qui était une terre d’accueil pour l’enfant à naître. Le lait maternel prend le relais pour alimenter le nourrisson : il est la première nourriture réconfortante après le passage initiatique qu’est la naissance. Appelé colostrum dans ses toutes premières heures, la composition du lait maternel évolue selon les besoins de l’enfant et même selon l’heure des tétées.  C’est comme si la nature avait prévu que nous n’ayions pas besoin de la même richesse nutritionnelle à tous les moments de notre journée. Délicieusement sucré, il crée le lien et une relation au sein de laquelle l’enfant va pouvoir se sentir en sécurité. Etonnamment (ou pas), le mot “sucre” et le mot “secure” ne sont pas si éloignés l’un de l’autre.

Le nourrisson est souvent tout autant intéressé par le contact avec le sein de sa maman, que par le lait lui-même (cf : ces nourrissons qui tètent pendant des heures) . Il privilégie le tactile et la relation : il s’assure du lien. L’affectif semble prioritaire.

La qualité de la relation s’entremêle à la qualité de cette première nourriture ! Mieux vaut un biberon donné avec amour que le sein donné à contre cœur.

On comprendra ici combien les futurs comportements liés à la nourriture se mettent en place. Observons-nous avec franchise et posons-nous la question de savoir si nous cherchons dans le sucre, en tant qu’adultes, des compensations affectives, avec une forme de dépendance à ce besoin de douceur.

Pour en revenir au nourrisson : un bébé à qui on a tout de suite répondu à son inconfort émotionnel par une tétée ou par un biberon aura tendance à exiger de sa mère (et de son père) que ceux-ci répondent à ses caprices sans attendre. Un nourrisson à qui on aura appris à patienter et à qui on aura fait comprendre que les émotions sont comme le flux et le reflux des marées, c’est-à-dire qu’il y a un rythme entre l’agréable et l’inconfortable, un rythme entre le confort, l’inconfort et le réconfort, aura certainement moins tendance à se ruer sur la nourriture, en tant qu’enfant - notamment sur le sucre - Il saura attendre et décoder les signaux d’une véritable faim, car il aura appris à gérer l’émotionnel. Il aura la capacité à aller chercher en lui des ressources plutôt que de mettre, de manière compulsive, une nourriture sucrée à la bouche, afin d’être dans la satisfaction et une forme de récompense immédiates.


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Les premières nourritures liquides ou plus tard celles sous forme de purée nous ont permis d’avaler tout droit, sans effort. Il suffisait de déglutir. Quand un enfant a de la peine à entrer dans la dimension corporelle de l’incarnation, il aura tendance soit à se désintéresser de la nourriture soit à avaler tout droit, à n’accepter qu’un tout petit bout d’effort par rapport à cet aspect matière.

On retrouvera ce même comportement face aux apprentissages scolaires : il aura de la peine à faire des efforts, à être persévérant. Il sera peut-être plus à l’aise dans l’apprentissage par cœur, (il suffit de recracher ce qu’il a avalé “tout droit”) et trouvera souvent la réflexion trop pénible . Ou alors il s’appuiera beaucoup sur sa maman pour qu’elle l’aide, qu’elle participe activement à trouver des solutions. La maman trouvera dans ce jeu relationnel une valorisation, une ré-assurance sur le lien, et sur son rôle nourricier. Mais si elle sans cesse en train de prémâcher le travail de son enfant, celui-ci ne pourra grandir que difficilement. Car c’est comme si elle voulait, inconsciemment, édulcorer la vie scolaire de son enfant, lui la rendre douce, et lui éviter de constater qu’il y a quelquefois, dans le travail scolaire et dans la vie en général, un petit goût d’amertume ou d’acidité. Il est donc essentiel à un moment ou à un autre de couper le cordon et de permettre à l’enfant de s’autonomiser, afin de faire des efforts de manière consciente et explorer la vie dans toutes ses facettes.

Ce sont les efforts qui conduisent à la récompense. Et c’est proportionnel : plus on a dû déployer des efforts, plus la sensation de la récompense est grande. C’est bien connu qu’un enfant très à l’aise intellectuellement s’ennuie souvent en classe et perd le goût d’apprendre car son système lié à la récompense et à la dopamine n’est pas suffisamment stimulé dans ce cadre-là !


Revenons au bambin : dès qu’il peut se déplacer de manière indépendante, le petit enfant découvre le monde en mettant tout et n’importe quoi à sa bouche : c’est ainsi qu’il fortifie son système immunitaire et qu’il apprend à son corps à trier, à différencier … Tout ce tri lui sera utile pour sa vie et pour l’apprentissage. On est ici avec une fonction de l’intestin grêle : trier, assimiler, absorber. A trop vouloir aseptiser et à avoir une hygiène super parfaite, on évite à l’enfant de faire ses propres défenses et de construire son identité.

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L’enfant est naturellement tourné vers la douceur,  qui flatte son palais . C’est la maman qui incarne cette douceur. Sur la langue, les récepteurs de goût du sucré sont situés sur la pointe de la langue et sont donc les premiers à être en contact avec la nourriture. (On va retrouver cette histoire au travers de l’expression “avoir un mot sur le bout de la langue” .)

Il est donc naturel que le petit enfant mette du temps à apprécier d’autres goûts que le sucré : il y a là une vraie phase d’apprentissage.  De la même manière, à l’école, toutes les matières ne nous plaisent pas de la même façon et c’est là le défi : apprendre à apprivoiser quelque chose qui n’est pas spontanément de notre goût. Ne dit-on pas qu’il faut qu’un enfant goûte une dizaine de fois une nourriture avant de se l’approprier ?

Les premières dents vont signaler un début d’autonomie et la leçon que l’on peut croquer la vie à pleine dents. La plupart des dents de lait seront tombées vers l’âge de 7 ans, moment où l’enfant quitte les bulles énergétiques de sa maman. Les dents sont aussi là pour montrer notre désaccord (on va montrer les crocs), et leur solidité nous permet d’engager la mâchoire, en croquant : il y a donc une nouvelle expérimentation et de nouvelles sensations au travers de la mastication et l’apparition des premières dents.

La mâchoire, dans l’acte de manger, est fortement sollicitée et exprimera assez régulièrement du stress dans notre quotidien : dents serrées et bruxisme. C’est d’ailleurs cette articulation qui est la plus “tendue” dans notre corps. Intéressant d’ailleurs que cette articulation de la mâchoire se mette en résonance avec celle des hanches, lesquelles sont si fondamentales pour notre assise. Il y a peut-être une relation à faire entre la tonicité de notre manière d’engager notre mâchoire pour mâcher et la manière de nous installer dans notre assise.

Jour après jour, la vie nous invite à déguster et nous impose de mâcher, de mastiquer, de mettre une certaine intensité dans cet acte de manger. C’est un acte volontaire, qui exige de la présence et de la conscience, même si on peut très manger mécaniquement.  La vie terrestre nous impose de nous confronter à une certaine matière et une certaine solidité : il y a un équilibre à trouver entre l’engagement conscient et la détente.

A l’école également, il  va s’agir de s’engager et non pas d’être juste présent et passif. C’est la posture qui est l’expression de la relation à l’apprentissage : une posture molle, sans racines, signale un manque d’intérêt et d’engagement, alors qu’une posture en sur-focalisation, très en avant, indique du sur-stress. Le bon équilibre se situe entre 2 : en Brain Gym et en MTC, on est ici avec le méridien Rate Pancréas qui exprime les thématiques d’excès de souci, de rumination, mais aussi de liens de sang, et toutes les notions de douceur et de sucre.

Pas de pieds croisés, ni de jambes repliées en tailleur, ni pour le travail scolaire ni pour le travail digestif. Car comme le dit si bien l’expression “bien dans son assiette, bien dans son assise”.


Souvenons-nous encore: il y a un temps pour manger, et un temps pour digérer et ce temps de digestion est un véritable travail. Il est sage de laisser du temps entre les repas (4-5h), et de ne pas solliciter sans cesse le système digestif. Il est sage également de laisser de l’espace dans l’estomac, afin qu’il puisse procéder au travail de digestion émotionnelle. L’huile essentielle de pamplemousse peut d’ailleurs aider à cesser de se remplir par inconfort émotionnel. Alors que celle de cardamome favorisera non seulement une bonne digestion mais permettra un vrai travail d’intégration et d’assimilation, propres à l’intestin grêle : elle est, de plus, une véritable anti-fringale de sucre.

Le bon sens nous invite à un équilibre alimentaire. Du sucre il en faut, mais en quantité raisonnable et à certains moments et le moins trafiqué ou transformé possible.

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Attention aux pièges alimentaires : un petit-déjeûner sucré … et voilà que vous favorisez une montée de glycémie, suivi, inévitablement par une hypoglycémie. Il est de votre “devoir” d’initier votre enfant à des petits-déjeuners protéinés, ceux-là même qui vont l’aider à se construire, à avancer et à être dans une solidité liée aux muscles ! Alors, oui, pour les “eggs and bacon”, le jambon, l’avocat, le houmous, les crêpes salées à la farine de sarrasin… et non, au jus d’orange, bien trop acide le matin. En adoptant un mode alimentaire propre à la chrononutrition, vous éviterez ainsi des baisses de concentration ou des agitations de type hyperactivité.

Qu’en est - il du lait et des produits laitiers ? A moins qu’il ne s’agisse de produits issus de la chèvre et de la brebis, ou de fromage à pâte dure dans lequel le lactose (sucre du lait) est transformé, il vaut mieux limiter ou éviter les produits laitiers de vache. Et comprendre également que l’intolérance au lactose (les inconforts digestifs que cela provoque) est l’expression d’une histoire (trans)générationnelle, dans lequel le lien entre une mère et son enfant a été “difficile”, ou inexistant. Tout cela se règle en kinésiologie !!! C’est aussi cela fait preuve de bon sens : se donner le droit de se libérer de ce qui nous encombre, afin de fluidifier la relation avec nos proches, et surtout envers nous-même. Afin de dire “oui” à la vie et au plaisir !

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Oui, aux goûters, avec des fruits, des oléagineux, des friandises maison, sans sucre ajouté, sans additifs. La véritable douceur provient déjà de l’amour maternel pour l’enfant … Pas besoin d’en ajouter sous “forme trafiquée ou dissimulée”. Il suffit d’adopter une alimentation la plus naturelle possible.

Oui, aux goûters jusqu’à l’adolescence. Et même au-delà. Mais attention à ce passage délicat de l’adolescence, et apprenons à mettre plus de conscience, afin d’éviter que ce temps de pas sage et de quête de soi ne devienne pas synonyme de compensation et de compulsion.

Et pour les adultes ? Le même cercle vicieux peut être actif : plus on est fatigué, plus on aura envie de manger du sucre, et plus on mange du sucre, plus on sera fatigué. Le sucre - et son dérivé sous forme d’alcool - devient vite une drogue, surtout si on en consomme à un mauvais moment .

Quand on supprime les boissons sucrées, les sucres raffinés et l’alcool, le corps va réagir comme en cas de sevrage. Avec une aggravation du comportement (chez l’enfant), avec des inconforts physiques chez l’adulte (maux de tête, confusion). C’est le prix à payer pour un retour à un état plus équilibré.

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Bon à savoir : en cas de déséquilibre de la dopamine, on aura tendance à grignoter toute la journée, car on va rechercher la récompense sous forme de nourriture. En cas de déséquilibre du GABA (neurotransmetteur inhibiteur), on va rechercher les sucres rapides et notamment l’alcool, car ils vont nous apporter un effet tranquillisant. Et en cas de déséquilibre de la sérotonine (produite à 85 % dans l’intestin grêle), on aura des compulsions alimentaire sur la fin de journée, et tendance à abuser des sucres rapides. Encore une fois, notre cerveau, qui est une véritable usine électrique générant tout un système de neurotransmetteurs, est en relation intime avec notre 2ème cerveau : intestin grêle et gros intestin.

Se nourrir intelligemment - et limiter le sucre - aura des conséquences non seulement sur notre poids, sur notre silhouette, sur notre métabolisme, mais également sur notre santé psychique et sur notre réseau de neurotransmetteurs, qu’il soit au niveau du cerveau ou du ventre. Et tout ceci, c’est à partir de notre plus jeune âge que cela commence.

En guise de conclusion, il ne me reste qu’à vous souhaiter une bonne intégration de ces quelques lignes ! Mettez l’équilibre et le plaisir au centre de votre vie ! Et comme nous l’indique le méridien Rate- Pancréas :  

Détendons-nous et faisons simplement de notre mieux

RYTHME et APPRENTISSAGE

Notre vie est souvent rythmée par de belles rencontres. Rencontres qui ne sont pas le fruit du hasard mais de cette synchronisation entre inconscients pour nous faire avancer sur notre chemin.

Ma rencontre avec Carla Hannaford (auteure de la “Gymnastique des Neurones”) lors de ma formation en kinésiologie imprègne encore ma pratique 15 ans plus tard. Deux aspects restent gravés en moi.

  1. sa manière de pratiquer le balancement du Brain Gym

  2. l’importance du rythme dans l’apprentissage

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Commençons par le balancement : dans la version de Dennison, ce mouvement invite à laisser le corps être balancé de gauche à droite, alors qu’on est assis sur les ischions. Exercice de la ligne médiane, le but est de sentir le passage et la fluidité entre les deux côtés du corps et de traverser la ligne.

Le balancement peut se pratiquer de manière individuelle, à deux mais également de manière collective. Si la forme diffère subtilement dans ces variantes, l’esprit reste le même : l’exercice relance le LCR (liquide céphalo-rachidien), lequel transporte des nutriments, des neurotransmetteurs et des hormones. (voir d’autres informations p 28 de “Génial, j’y arrive enfin”)

Installés dos à dos et côte à côte (nous formions une grande ligne) , Carla Hannaford nous invitait à pratiquer un balancement d’avant en arrière. Le jeu était au centre de l’expérience et j’en garde le souvenir de franches rigolades. Mais c’était bien plus que cela.

Enthousiaste de cette adaptation, je l’ai pratiqué avec mon fils, tout en lui apprenant ses premières tables de multiplication. La confiance s’est installée, favorisée par le contact du dos à dos, au travers duquel on expérimente un “je te soutiens, tu peux te laisser aller et te relâcher”, puis un “à ton tour, tu peux me soutenir et me guider”.

Je perçois dans cette variante comme le flux et reflux de la marée, avec un rythme intérieur subtil mais présent. Une pulsation. L’apprentissage de vie au travers de l’exercice, c’est qu’il est sage de savoir alternativement porter les autres et les soutenir mais également de se laisser porter et soutenir. Et se mettre en contact avec ceux et celles qui nous permettront de développer cette bienveillance bienfaisante et cette confiance mutuelle. C’est une des clés fondamentales pour dynamiser les apprentissages.

Peu importe finalement que l’on fasse l’exercice de gauche à droite, ou d’avant en arrière, l’essentiel, est le mouvement continu et la fluidité.

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Autre variante que j’ai beaucoup expérimenté en cabinet , permettant de sortir des blocages ou de retrouver des informations momentanément perdues en raison d’un excès de stress : l’enfant, assis par terre ou sur une chaise, ou éventuellement debout, laisse bouger son bassin, comme une algue au fond de l’eau. Les pieds bien enracinés, il se laisse porter par le rythme naturel, ce flux interne, souple et rond, qui part du corps (et non pas de la tête). On est ici comme replongé ici dans notre vie intra utérine, pendant laquelle le foetus flotte et se laisse porter par les flots et le flux. C’est pour cette raison que j’ai renommé cet exercice “balancement - bercement” .

Fascinante vie intra utérine, pendant laquelle l’embryon en état d’apesanteur entend et écoute tout ce qui se passe autour de lui : les battements de coeur de la maman, les bruits des pas qu’elle fait, le son de sa voix - l’ouïe étant le premier sens à se développer. Ce sens nous accompagnera la vie durant, étant la clé du “bien s’entendre”.

Quant aux parents, ils seront, 9 mois durant, attentifs aux battements de coeur de leur progéniture (battements présents dès le 22ème jour) et quelquefois, aux pulsations de vie présentes dans le cordon ombilical juste coupé.

Ne pourrait-on pas dire qu’il y a ici une dimension yin, féminine, souple, fluide dans ce rythme qui s’exprime tout au long de la vie intra utérine, (des premiers battements cardiaques jusqu’après la naissance) et qui est repris, en quelque sorte, dans l’exercice du balancement ?


Explorons maintenant un aspect plus masculin du rythme dans l’apprentissage.

Tout d’abord, il me semble impossible de développer le sens du rythme (musical)sans être “attentif par l’oreille “.

Le rythme implique souvent le corps tout entier : il rassemble les hommes comme un premier langage, au-delà des différences linguistiques. Se laisser aller à une expérience collective rythmique, en frappant sur des djembés, des tambours, des percussions ou sur n’importe quel autre objet, c’est vivre et partager des émotions communes. C’est la vie qui s’exprime.

Comment intégrer le rythme dans l’apprentissage ?

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Les jeux de mains, (que l’on trouve beaucoup dans les comptines) et le fait de frapper dans les mains, facilitent les apprentissages. Nous savons que les mains occupent une place importante dans l’homonculus et que très souvent, la manipulation et le fait de faire bouger les mains optimise les apprentissages. Surtout pour les apprenants kinesthésiques.

Or les mains sont le prolongement du coeur, qui est lui-même un organe du rythme. Du rythme de la vie !

Le rythme ancre l'apprentissage, nous dit Paul Dennison : il amène de la structure et favorise des états de cohérence par opposition à un certain chaos et désorganisation interne. Il exige de la maîtrise et du contrôle de soi. Il apporte le cadre, avec une dimension plus yang et apporte de l’équilibre physique et mental.

Avoir le sens du rythme est très important pour développer le langage et pour l’apprentissage des langues étrangères qui ont, chacune, une “énergie” différente. Parler italien, russe ou français ne réveille pas les mêmes zones “musicales” : chaque langue a sa propre musicalité, liée à une composante rythmique. A l’intérieur d’une même langue, on a ces mêmes subtilités. Prononcer, par exemple, “to fill” (remplir) ou “to feel” (sentir) ne relève pas du tout de la même expérience : il y a une vivacité dans “to fill” qu’on n’a pas du tout dans “to feel” qui se déploie dans la longueur. Et ceci, seule l’oreille peut vous le faire sentir !

Une pratique musicale régulière , qui repose à égalité sur des aspects mélodique et rythmique, est une bonne école de vie, car elle exige de la concentration, de la discipline, de la persévérance, de l’engagement. Elle développe une meilleure acuité auditive, une coordination plus pertinente et une conscience corporelle plus soutenue.

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C’est dans ce même esprit de pratique musicale que j’aborde les mouvements croisés : j’impose en quelque sorte une régularité métronomique, avec , à peu près, un mouvement par seconde. Peut-être qu’en fait , je me calque intuitivement sur notre rythme cardiaque de 72 battements par minute. L’objectif est bien de faire synchroniser les 2 intelligences et d’atteindre cette coordination, dans le sens de co-ordonner, mettre en ordre.

J’ai souvent constaté que c’est le démarrage du mouvement qui est difficile. C’est justement là qu’il est important d’être exigeant et de ne pas se satisfaire d’une forme de brouillon ou d’à peu près. De la discipline et de la rigueur afin d’atteindre une certaine clarté ! Car c’est cela qui a besoin d’être “éduqué”.

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En fonction de l’âge de celui ou celle qui pratique les mouvements croisés, je propose les enchaînements, avec des mouvements devant le corps, derrière, de côté et en ski de fond. Les moments-clés sont les temps de passage et il ne doit y avoir aucune hésitation. A l’identique de la pratique musicale : les barres de mesure sont là pour donner la structure, mais aucune liberté temporelle n’est permise pour passer d’une mesure à l’autre.


Autre aspect du rythme dans l’apprentissage : il est très utile de superposer les mouvements croisés à une tâche de mémorisation. Mémoriser en rythme (sur le “rythme” - tempo imposé par la gestuelle des cross crawl) demande une grande concentration mais amène une réelle densification corporelle. Ce n’est plus la tête et le cerveau qui travaillent uniquement, mais c’est le corps tout entier qui prend part à la tâche. On est dans une dynamique de jeu et de vie et pour les apprenants kinesthésiques, c’est vraiment la meilleure manière d’apprendre.

Rappelons encore qu’on est plus efficace en mémorisant à haute voix : les muscles de la mâchoire et de la bouche s’engagent de façon dynamique (yang) et l’oreille est plus impliquée de façon consciente (pour autant qu’on fasse vraiment attention à ce qu’on prononce et que l’on ne reste pas dans un acte mécanique).

Pour optimiser les apprentissages, le rythme ici prend une dimension plus yang : il offre le cadre et la structure, un côté organisationnel et temporel. Pour moi, il est propre au cerveau gauche ( oh … je sais, les kinésiologues ne partagent pas cette vision du monde ! Mais je pense que c’est plus la musicienne en moi qui s’exprime que la kinésiologue).

Selon les contextes et selon les objectifs à atteindre , on choisira plutôt un exercice à tonalité rythmique féminine ou masculine. En se posant la question, de quoi a-t-on besoin pour se mettre en mouvement ? Cette réponse est, bien évidemment, propre à la sensibilité de chacun. L’important est de se sentir unifié.

Il y aurait tant d’autres réflexions à amener sur cette notion de rythme, mais l’essentiel de ce que j’ai encore envie de vous partager, c’est :

Mettez-vous ou restez à l’écoute de votre rythme intérieur et développez le sens du rythme pour votre propre vie. C’est vous-même qui détenez la clé de votre existence.

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EMBRASSER LA VIE

Fascinée par le mystère de la vie qui prend racine dans le ventre maternel, émerveillée par ce miracle, je sens que ce sont mes yeux d'enfant qui s'écarquillent lorsque je regarde une vidéo traitant  l'embryologie ou de la période de gestation.

La vie émerge, telle une étincelle, puis se développe, prenant forme, instant après instant, jusqu'à ce que l'embryon devienne foetus pour, finalement, être ce nouveau-né atterrissant dans le monde.

Je m'incline devant cette épopée de génie, beaucoup plus vaste que ce que notre conscience humaine peut imaginer. Avec beaucoup d'humilité, je me dis intérieurement que moi aussi, j'ai passé par ce miracle-là. 

Vous le pressentez peut-être : j'ai baigné quelques jours dans un stage d'embryologie et j'en reviens comme on revient d'un voyage incroyablement émouvant. L'expression qui me vient en boucle depuis mon retour, c'est EMBRASSER LA VIE. Elle sera la trame de ce billet.

Aujourd'hui je choisis d'embrasser la vie , de lui ouvrir les bras et de la prendre dans mes bras.  De la chérir et  de la sentir battre énergétiquement dans mon chakra du coeur et physiquement dans mon organe-coeur. 

 

Attardons-nous  quelques instants au sens du verbe "embrasser".

Embrasser, ce n'est pas seulement donner des baisers à quelqu'un. C'est avant tout prendre ou tenir entre ses bras quelqu'un ou quelque chose, étreindre. 

Les bras sont le prolongement du coeur et les mains sont l'expression du coeur aimant. 

Intéressant que, dans la langue française, le mot "main" se retrouve dans le mot "humain".  Ce mot "humain" est à rapprocher du mot "humus", - la terre, et  donnera le mot "humilité". Savoir rester humble, en tant qu'être humain sur terre, et face à l'immensité du divin... c'est là quelque chose de fondamental.  

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En acceptant de venir sur terre,  notre mission est d'incarner le divin (le ciel) ici-bas. Terre et ciel vont toujours de pair, de manière unifiée : si nous avons tendance à nous sentir séparés de cette union terre-ciel, c'est simplement que nous avons oublié d'où nous venons. Le petit creux au-dessus de notre lèvre supérieure est la marque du secret oublié qui nous lie au ciel et aux anges. 

L'embryologie, vue sous un angle symbolique et mystique,  nous enseigne que nous  sommes faits de terre et de ciel avec, au départ, le sac vitellin, qui nous relie à notre part animale, et l'amnios, qui exprime notre part spirituelle.  Le sac vitellin se séparera ensuite pour donner les annexes que seront le  placenta et le cordon ombilical. 

Le plus fascinant dans notre histoire embryologique, - et je cite ici Dr Olivier Soulier - c'est "qu'au tout début de la vie le coeur est en avant de nous, puis passe devant nos yeux au fur et à mesure de leur mise en place, puis vient se nicher dans notre poitrine. On comprend alors pourquoi…“L’essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu’avec le coeur". (citation de St Exupéry)

Il s'agit dès lors d'embrasser la vie avec le coeur. Mais pour embrasser la vie sur l'extérieur, il nous faut des bras : les bras deviennent une solution sur l'extérieur, étant donné que le coeur s'est mis à l'intérieur. C'est avec le coeur et au travers des bras que l'on va pouvoir embrasser la vie et étreindre ceux et celles que l'on aime profondément.

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Regardons de plus près quels sont les canaux énergétiques circulant dans les bras: sur le pouce, l'énergie du Poumon, qui nous relie à notre respiration terrestre, et sur  l'index, l'énergie du Gros Intestin, lié à la respiration embryonnaire, tous les 2 faisant partie de l'élément Métal.  Puis, dans l'élément Feu,  sur le majeur, le maître du coeur, (en lien avec le péricarde, au niveau de l'organe) et sur l'annulaire, le triple réchauffeur, (aucun organe en relation avec ce méridien)  ainsi que sur l'auriculaire, le coeur et l'intestin grêle (l'ombilic prendra racine devant l'intestin grêle). Le feu est prédominant au niveau de la main. Le feu, c'est la chaleur et la passion. C'est de l'amour circulant. 

Quand nous habitons nos bras, quand nos actes prennent racine dans le coeur ( ce coeur qui bat dès le 22ème jour in utero) , quand nous agissons avec amour, nous incarnons notre dimension spirituelle en tant qu'être humains. Et j'ai envie d'ajouter : nous sommes reliés à l'amnios, à cette partie de nous en vie intra utérine. A chaque fois que nous disons "oui à la vie" et que nous choisissons consciemment d'embrasser la vie, à coeur ouvert, nous offrons de la densité à notre vie spirituelle. 

Nous embrassons la vie à chaque fois que nous avons, tenons ou prenons à coeur quelque chose et que l'amour se glisse entre notre part animale et notre part spirituelle. 

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Il y  a donc un moment où le coeur passe devant les yeux, avant de se glisser dans la cage thoracique : c'est un peu comme si le coeur devait lui-même voir les yeux, afin de les imprégner de la dimension d'amour du coeur.  De sorte que l'amour puisse être exprimé dans l'un comme dans l'autre.

A ce sujet,  Chrétien de Troyes nous dit que "l'oeil est le miroir du coeur", alors que  pour Saint Augustin, "les yeux sont les fenêtres de l'âme".  C'est au travers du regard que l'on peut sentir l'amour qu'a notre partenaire pour nous. Les yeux ne trichent pas : luminosité, profondeur, intensité offrent un reflet du sentiment amoureux ( ou perte de ce sentiment). Ils nous permettent de rendre visible l'invisible, et de lire ce qui est au delà des silences, des non-dits ou des paroles. 

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Quelquefois la vie nous demande de savoir embrasser du regard les événements, les situations, c'est à dire d'avoir cette capacité à englober, entourer, envelopper ce qui est à traverser, avec beaucoup d'amour,  sans trop s'attarder sur les  détails, sans se laisser entraîner dans une souffrance liée à une analyse trop précise, dans laquelle le mental risquerait de prendre le dessus. 

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Garder le cap, choisir la direction de la confiance et avancer... Et si besoin, se prendre soi même dans les bras, pour prendre soin du petit enfant blessé, et ainsi se laisser embrasser et bercer par la vie.

Regarder au loin, à l'horizon, et puiser dans la nature les forces pour grandir et être debout malgré tout. Il n'y a rien que nous n'ayons choisi de vivre ... même nos traversées les plus douloureuses sont des occasions d'évoluer et de nous transformer. L'essentiel est de rester en conscience avec notre verticalité et notre alignement, entre terre et ciel. C'est cela embrasser la vie ! Avec notre coeur et notre courage, avec notre âme et notre amour...

Et surtout ... souvenons-nous que si nous avons réussi à nous incarner, si nous avons vécu le miracle de cet ovule fécondé par un seul spermatozoïde, c'est qu'en nous, en chacun de nous, il y a une étincelle de gagnant, sans laquelle nous ne serions pas là sur terre...

Un jour, j’ai dit “Oui à la Vie”, et je ne le regrette pas !

 

 

 

LE SOUFFLE

Il y a des mots qui résonnent plus puissamment que d'autres : le mot SOUFFLE en fait partie.

Prononcez ce mot en conscience et vous sentirez la douce chaleur qui se dégage de votre bouche. Tout est dit.

Fil conducteur de notre vie, le souffle se fait "premier souffle" au moment de notre naissance et "dernier souffle" au moment du passage vers l'au-delà. 

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Trop souvent, on le retient alors qu'il serait plus judicieux d'explorer l'expansion de notre souffle.

Dans notre vie, on peut vite se sentir essoufflé ou à bout de souffle, non seulement physiquement mais aussi émotionnellement et énergétiquement. Le corps nous appelle à prendre plus de temps pour souffler ou pour reprendre son souffle. Mais savons-nous vraiment écouter cette voix du corps ? 

A l'inverse, on peut trouver un (nouveau) souffle au travers d'une activité qui nous revitalise. Pour l'écrivain, ce sera le fait de se sentir inspiré. Pour l'amoureux de la nature, ce sera au travers de ballades en plein air, et pour le sportif, au travers des activités physiques exigeant une oxygénation accrue.

Là où il y a du souffle, il y a du mouvement et il y a de la vie.

APPRENDRE MIEUX GRACE AU SOUFFLE : 

Souffle et mémorisation : 

Trop souvent, les enfants en stress bloquent leur respiration, omettant clairement de faire du souffle un allié. Bon nombre d'entre eux passent du temps à mémoriser des informations sans être conscients qu'il est nécessaire d'inspirer amplement pour faire entrer à l'intérieur de soi les données, puis d'expirer avec l'intention de faire glisser à l'intérieur de soi ces données. Encore une fois, sans cette conscience et cette pratique du souffle, ce qui doit être mémorisé va rester à l'extérieur (comme l'eau sur les plumes d'un canard !). En bref, pas d'apprentissage efficace en mode apnée.

C'est pour cette raison que l'apprentissage par coeur à haute voix est plus efficace, car il exige plus d'engagement respiratoire que simplement le fait de réciter dans sa tête.

On gagne également en efficacité en utilisant le chant pour mémoriser (exemple : les tables de multiplication), car il est impossible d'obtenir du son sans l'aide de l'air (du souffle) faisant vibrer les cordes vocales. Chanter donne beaucoup d'énergie et de dynamisme, et par conséquent, c'est un excellent moyen de booster les apprentissages ! Dernier détail sur le sujet : la voix trahit toujours notre énergie. En étant attentif à l'énergie de notre voix, on va pouvoir sentir si on est efficace ou pas, si on enregistre réellement ou pas. Car pour que la connaissance entre puissamment et profondément dans le corps et dans le cerveau, il est nécessaire que notre niveau d'énergie soit élevé.

Souffle et écriture / calligraphie : 

Une de mes sources d'inspiration, c'est la calligraphie que je pratique assez régulièrement. J'y puise un art de vivre. La calligraphie nous enseigne le souffle : j'y ai découvert combien il est important de respirer pleinement, avec une intention de faire circuler le souffle jusqu'au bout des doigts. Souvenons-nous au passage que les mains (et par conséquent les doigts) sont le prolongement du coeur.

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Pour avoir une belle écriture, il est nécessaire d'avoir les pieds complètement accrochés à la terre, le coeur en ouverture et le mental au calme. Le corps dans son entier est installé dans la verticalité, les pieds faisant le lien avec la terre, et les mains avec le ciel. Les calligraphes sont inspirés par le souffle et le souffle inspire les calligraphes.

"La pratique (...) tend à nous aligner, afin que corps, coeur et esprit convergent à la pointe de la plume."  nous dit Shinta Zenker, artiste-peintre et calligraphe que j'ai la chance de côtoyer dans des stages.

Quelle sagesse si inspirante à transmettre aux élèves ayant de la peine à faire un avec la pointe de leur plume ou de leur crayon. Qu'il s'agisse de l'encre du calligraphe (dont les outils sont variés : plume, calame, pinceau), ou de l'encre contenue dans les cartouches, le défi est le même : s'aligner, s'enraciner, habiter le corps, afin que les lettres prennent forme (afin que l'être prenne forme ) . C'est apprendre à se  mettre autant en résonance avec le vide laissé par les lettres que par la vibration des lettres elles-mêmes. En d'autres termes, c'est apprendre à  être autant attentif au vide qu'à la trace

L'écriture manuscrite a besoin du souffle pour exister et pour vibrer. De nombreuses difficultés liées à l'apprentissage de la graphie trouvent une résolution si on laisser circuler le souffle jusque dans les mains et  si on prend le soin de décoller les bras du corps, en laissant  un peu de vide et d'espace.

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J'ai consacré quelques lignes sur cette thématique dans mon ouvrage "Génial, j'y arrive enfin" (p 72), et j'écrivais que : "de même que l'ancre retient le bateau, l'encre, en calligraphie, contient et définit la forme. L'ancrage au sol permet de donner de la densité à l'encre". Aujourd'hui, j'ai besoin de compléter en disant que que c'est vraiment le souffle nous permet de nous mettre en résonance et de vibrer avec la matière-corps.

Souffler sans s'essouffler : 

La plupart d'entre nous pensons que la respiration est faite de 2 temps : l'inspire et l'expire, avec l'oxygène et le gaz carbonique. En fait, notre respiration est faite de 4 moments inégaux ( 2 temps forts et 2 temps de passage) . Certaines pratiques énergétiques accentuent intentionnellement les moments de rétention du souffle.

  • l'inspire = accumulation de l’oxygène ( ou  du savoir et des connaissances)
  • un mini temps de pause ou de passage, comme un temps d’assimilation, d’intégration
  • l'expire = évacuation du Co2 (restitution, évacuation,  ou faire entrer dans la matière)
  •  un mini temps de pause ou de passage, pour une préparation à un nouveau souffle

De la même manière, le calligraphe se calque sur ces différents temps : un temps pour aller à la rencontre de l'encre dans l'encrier (sur l'inspire), un temps pour déposer l'excédent d'encre,(passage), un autre pour poser l'encre sur le papier et calligraphier (sur l'expire), et un petit temps avant de poursuivre (passage) et recommencer inlassablement. Les temps de passage sont comme  "des instants suspendus" ,  la calligraphie étant une méditation nous mettant hors du temps. 

Je rêve qu'un jour ou l'autre des enseignants inspirés calquent la sagesse de ce rythme du souffle et transmettent cet art d'intégrer le souffle pour apprendre à écrire... !

Et pourquoi pas aussi rêver qu'on se mette à diffuser dans les classes des huiles essentielles pour faciliter les apprentissages ??? de l'HE de sapin , par exemple, pour favoriser la verticalité et le centrage et redonner du coeur à l'ouvrage. Ce serait d'autant plus pertinent que l'olfaction est le sens relié aux poumons. C'est aussi au travers de la diffusion d'huiles essentielles que l'on peut changer le taux vibratoire d'une pièce et qu'ainsi, subtilement, on peut avoir un impact positif sur l'énergie d'une classe ... ou d'un " open space". Vous trouvez cela audacieux ??? Moi pas ... !!!


Revenons à la réalité et à du concret et regardons les poumons dans leur fonction en tant qu'organe et canal énergétique.

Souffle et poumons : 

Quand on pense souffle, on pense poumons. "L'organe poumon est le maître du souffle", nous dit Rivka Cremisi (auteure de "Splendeur des lettres, splendeur de l'être", et enseignante de symbolique hébraïque, ainsi que de Qi Gong et Tai Ji Quan). 

Ce n'est qu'à la naissance que les poumons vont se déplier et se déployer. Le premier cri du nourrisson signale son "atterrissage", signifiant : "je suis là, j'existe". On sait combien la grande prématurité met la vie des nouveaux-nés en danger car justement les poumons ne sont pas arrivés à maturité.

C'est à partir du premier souffle - premier cri que le nouveau-né, en changeant d'environnement,  entre "dans le monde de la différenciation" : avec l'inspiration, il se charge d'oxygène et avec l'expiration, il se déleste du gaz carbonique. Les poumons sont un lieu d'échange, entre lui et le monde environnant.

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Les poumons contiennent l'arbre bronchique qui est tel un arbre à l'envers. Les racines en direction du ciel, les branches en direction de la terre. Ce n'est pas sans rappeler que la naissance par voie basse, elle aussi, nous fait mettre la tête et la fontanelle en direction de la terre. Notre mission sur terre sera de nous retourner en quelque sorte afin de nous tenir debout, avec des racines-pieds en direction de la terre  et des branches-mains orientées vers le ciel, et ceci en permettant à notre arbre bronchique d'être pleinement vivant.

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Les poumons ont 5 lobes en tout. "En médecine énergétique chinoise, le canal énergétique du poumon est le premier canal qui s'incarne dans le corps embryonnaire. Il est le plus profond du corps énergétique et donc le plus proche du monde céleste" nous enseigne Rivka Cremisi.  Ce chiffre 5 nous renvoie à la lettre hébraïque Hé, qui est celle du souffle, et nous avons 2 x 5 doigts et 2 x 5 orteils... , soit 2 x 10, cette valeur de 10 nous renvoyant à la lettre Yod, le germe, l'embryon en quelque sorte.

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Personnellement je ne peux qu'être émerveillée par cette cohérence et symbolique du corps et de la multiplicité des liens. Et tellement reconnaissante que mon chemin m'ait permis de rencontrer des individus me permettant de m'ouvrir à cette conscience. (Toute ma gratitude à Shinta et Rivka  que je connais depuis 10 ans ! - voir leurs sites en bas de page)

 

Allons encore plus loin : en MTC, l'énergie Poumons est complémentaire de celle du Gros Intestin. Le canal énergétique du Gros Intestin se mettra en place juste après celui du poumon. Ils font partie de l'élément Métal : on trouvera le point final du canal énergétique du Poumon sur le pouce, et le premier point du Gros Intestin sur l'index. A noter aussi que le dernier point du Gros Intestin est sur les racines du nez, celui-ci étant l'organe de l'olfaction. Les 2 canaux énergétiques se retrouvent "côte à côte", dans cette pince qui relie le pouce et l'index.

Au niveau des "organes", il est évident que nous fonctionnons mieux quand nos poumons sont pleins d'air et que notre côlon est vide (pour être précis,  en MTC, les poumons sont considérés comme un organe-viscère alors que les intestins sont des entrailles). Il y a aussi complémentarité et résonance à ce niveau-là. Et encore sur le fait que la respiration embryonnaire est liée au gros intestin, alors que la respiration terrestre est liée aux poumons. 

Il y a également dans la phase d'expiration pulmonaire un processus d'élimination qui n'est pas sans rappeler celui du côlon. Que l'on soit adulte ou enfant, il est essentiel de vider le trop plein émotionnel, de se libérer, de lâcher prise, d'évacuer et d'éliminer l'ancien pour faire place pour du neuf. En expirant profondément et en ayant une bonne hygiène intestinale. Entre souffle et matière, entre légèreté et densité, il est toujours temps de prendre le temps de lâcher et de se relâcher.


EN PRATIQUE :  comment favoriser l'équilibre entre les moments de plein et les moments de vide, et comment insuffler plus de vie dans notre quotidien. Je vous partage quelques exercices.

Bloquer le souffle, c’est bloquer la vie. C’est aussi limiter le processus de l’apprenti-sage

J'ai souvent observé que le premier réflexe  lorsqu'on demande à des enfants de mieux respirer, c'est  de gonfler la cage thoracique et de monter les épaules. Or, il y a un excès d'effort et ce n'est pas naturel ! Le plus efficace pour avoir une respiration pleine de vitalité, c'est de commencer par expirer... c'est-à-dire de rejeter les déchets, le trop plein émotionnel et énergétique, et ceci même si on ne sait pas exactement de quoi ce trop plein est fait. C'est de chercher à créer du vide, pour permettre à l'inspir (et à l'inspiration) de se mettre en place de manière naturelle.

Un exercice en Brain Gym va nous accompagner dans cette dynamisation du souffle, permettant de redonnant vie au corps dans son entier : il s'agit du DYNAMISEUR (1)

Cette posture nous rappelle celle du sphinx ou du cobra en yoga, bien que cette dernière se fasse allongée  sur le sol. Ici, on la pratiquera assise, les avant bras sur une table, les pieds au sol, en prêtant une attention particulière aux coudes qui sont en relation énergétique avec le diaphragme. On sait combien notre diaphragme est souvent en souffrance !!!

Avec l'intention de dénouer les tensions et de fluidifier la respiration, veiller à : 

illustration de Karl DRIES, extrait du "Petit Brain Gym illustré", dont l'aboutissement est "Brain Gym, bouger pour apprendre", de Francine DRIES

illustration de Karl DRIES, extrait du "Petit Brain Gym illustré", dont l'aboutissement est "Brain Gym, bouger pour apprendre", de Francine DRIES

- Créer de l’espace entre les côtes de la cage thoracique et entre chaque vertèbre. Explorer ces espaces interstitiels. La cage thoracique est une cage de protection pour le coeur, les poumons et les bronches.

- Se déplier, se déployer, prendre sa place dans la verticalité, entre terre et ciel. Laisser le chakra du coeur s'ouvrir.

- Conscientiser VC (vaisseau conception) sur l’avant et VG (Vaisseau gouverneur) sur l’arrière du corps. Sentir cette boucle d’énergie vitale. On peut y ajouter la pointe de la langue au palais afin d'optimiser cette boucle énergétique. 

 

LA POSTURE DU PETIT PRINCE ET/OU DE LA PETITE PRINCESSE (2)

Les enfants en stress basculent vite dans un mode de dévalorisation et de perte de confiance. Inspirée par la phrase "je suis digne de mes richesses" , liée au méridien Poumon, cette posture va mettre en mouvement l'estime de soi, comme si on avait une couronne sur la tête.

En cabinet, je dépose une " balle" sur le sommet de la tête,et j'insiste sur le fait d'avoir le regard à l'horizon, le menton légèrement en avant. Dans cette posture, j'invite l'enfant (idem pour un adulte) à faire quelques pas avec une certaine lenteur pour être dans une forme de prestance, tout en répétant la phrase"je suis digne de mes richesses". 

Ce que j'observe, c'est que dans la conscience du souffle, la posture se modifie, le corps s'étire, la colonne vertébrale s'allonge entre terre et ciel. L'écoute de sa propre voix va nourrir les cellules du corps et du coeur .

 

LE ZIP DE LA BONNE HUMEUR (3) : adaptation des "points d'enracinement"  en Brain Gym 

L'enfant, debout, utilise sa main dominante pour remonter lui-même VC (un canal énergétique qui part du périnée, sur la ligne médiane, jusqu'à l'intérieur de la bouche, sur le palais) , tout en inspirant. Après une petite pause et la verbalisation "je suis quelqu'un de bien, même si j'ai des difficultés ou des imperfections", il passe la main sur l'extérieur du corps, en expirant et reprend le processus plusieurs fois de suite. 

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Cet exercice permet de conscientiser l'axe vertical sur notre ligne médiane. Je l'ai nommé "le zip de la bonne humeur" (p. 33) dans mon livre, car il permet de remonter l'énergie et d'avoir une vitalité pétillante. Il peut être intéressant d'exiger l'alternance des mains, car ainsi on dépasse un peu sa zone de confort et on crée de nouveaux chemins neuronaux. 

Autre variation possible : sans la phrase, mais simplement dans l'écoute du souffle, avec la gestuelle  : quand j'écoute le son du souffle, j'écoute aussi la "leçon du souffle". C'est choisir de se mettre à l'écoute de son intériorité. 

La lenteur d’une respiration en conscience nous conduit à la découverte de l’attention et de l’instant présent. Ce qui nous permet d’avoir du pouvoir sur notre vie et sur nos émotions (é-motions) .

C'est pour cette raison que je préconise toujours les mouvements croisés dans un tempo lent (un mouvement par seconde) et que j'axe ma pratique sur une intégration du souffle dans la gestuelle et dans les tous mouvements de Brain Gym. 

En espérant que ces quelques lignes écrites autour de mon anniversaire et  "célébration de mon premier souffle" auront été inspirantes pour vous,  et au plaisir de partager avec vous d'autres moments d'inspiration.

REFERENCES & LIENS : 

  • des extraits de mon livre GENIAL, J'Y ARRIVE ENFIN :  www.kinessence.ch/le-livre
  • "Brain Gym, Bouger pour apprendre", par Francine DRIES. Un super livre sur le Brain Gym.
  • www.zenker.fr (calligraphie et peinture)
  • www.rivka-cremisi.com (symbolique hébraïque, pratiques énergétiques) 

 

COEUR & APPRENTISSAGE

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Ecrire me met le coeur en joie ...Alors j'en profite un peu, beaucoup, passionnément ou à la folie ! 

Mon plaisir aujourd'hui , c'est de vous offrir, en toute humilité, quelques lignes en relation avec l'expression "APPRENDRE PAR COEUR" et "SAVOIR PAR COEUR".

On le sait bien : il n'y a pas d'apprentissage efficace sans plaisir et sans joie. La motivation est le moteur de la réussite, et la clé d'une bonne concentration. 

On comprend aisément qu'il n'est pas si simple pour les élèves d'avoir  le coeur à l'ouvrage quand les apprentissages leur semblent dénués de sens ( et dénués d'essence). 

N'est-ce pas aux adultes (enseignants et parents) de donner du sens à ce que les enfants viennent expérimenter et découvrir sur terre ? N'est-il pas de leur responsabilité de transmettre la conscience qu'"apprendre par coeur" signifie aussi "à prendre avec le coeur" ? 

Et pourtant, ce sont le plus souvent les enfants de ce 3ème millénaire qui sont les guides des parents et qui viennent leur rappeler combien les adultes font fausse route et ont trop souvent délaissé la voix / la voie du coeur. 

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Plongeons au coeur de la thématique du jour : dans l'Antiquité, le coeur était considéré comme le siège des émotions, des passions, de la volonté, du courage, de la pensée, de l'intelligence et de la mémoire. Pour Aristote, pensée et émotions étaient logées dans le cœur. "Savoir par cœur" signifiait donc « de mémoire ». L'expression elle-même de " savoir par cœur » date du  XIII ème siècle.

Au fil du temps, le cœur a eu une connotation féminine et la tête (le cerveau) une connotation plus masculine,  avec un  rôle de « chef » et de « poste de commande.

Mais en réalité, les 2 font la paire et sont complices : il y a une réelle communication entre les 2 et de nombreux articles scientifiques évoquent ce lien. C'est parfait pour moi... ainsi je n'ai pas à me prendre la tête avec des éléments complexes et je peux simplement laisser mon coeur  se mettre en résonance avec ce qui me semble essentiel à vous transmettre !!! 

 

COEUR ET CERVEAU

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Le cœur est un organe auto-animé, qui nous envoie des signaux émotionnels et intuitifs pour diriger notre  vie.

Le coeur possède son propre cerveau, un système nerveux indépendant possédant environ 40 000 neurones, comme ceux que l’on trouve dans les centres corticaux. Chaque neurotransmetteur trouvé dans le cerveau se retrouve également dans le coeur.

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Le coeur échange des signaux avec l’amygdale,  petite zone en forme d'amande située dans le système limbique et responsable de tous les processus de réaction émotionnelle : elle est capable de court-circuiter le cortex, parce qu’elle réagit avant lui. Elle compare l’information entrante avec la mémoire émotionnelle conservée et évalue ainsi la signification d’un événement, pour nous faire entrer dans une réaction de fuite ou de lutte.

D'un point de vue neurologique, le coeur est en relation permanente avec le cerveau, même s'il n'est pas toujours d'accord ! Mais c'est une relation "main dans la main"

A garder en mémoire : 

1. Davantage de messages et de signaux circulent du coeur vers le cerveau que dans l'autre sens ! 

2. le coeur a un vaste champ électromagnétique que l'on peut détecter à plusieurs mètres du corps

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En kinésiologie, l'exercice de Cook est l'idéal pour favoriser la détente et se connecter à sa dimension d'ouverture du coeur. En le pratiquant, on se donne la possibilité d'amplifier le champ électromagnétique cardiaque, créant des états de cohérence avec des ondes  cérébrales bénéfiques. (le champ électromagnétique du coeur est 5000 fois plus puissant que celui du cerveau, nous dit Prof  Henri Joyeux !)

Cette pratique  se fait en 2 temps : de préférence debout, dans une posture de verticalité et d'alignement.

1. replier les mains sur le chakra du coeur et croiser les pieds. Se laisser glisser à l'intérieur de soi, pour simplement écouter les battements du coeur et laisser la paix s'installer. Sans jugement, juste dans l'observation de ce qui est à cet instant. Cette première partie va remettre en circulation l'énergie du huit (lemniscate ou signe de l'infini).

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2. puis décroiser les pieds et les mains, laisser les doigts se reposer les uns sur les autres, décoller les bras du tronc, comme pour laisser de l'espace sous nos ailes, et observer les sensations : picotements, chaleur, doigts comme aimantés...

Les bénéfices de cet exercice sont un apaisement du coeur, une harmonisation du rythme cardiaque et une amplification de notre champ électromagnétique. 

Pratiqué en duo avant les devoirs (maman et enfant), il apporte vraiment un soutien énergétique indispensable, avec une baisse de cortisol assurée ! Le stress s'envole et la paix du coeur s'installe.

Pratiqué en groupe, il transforme littéralement l'atmosphère et le taux vibratoire de la pièce. 

Il peut être proposé,

a. en début de phase de mémorisation (ou d'apprentissage)pour  se mettre en bonne disposition,  générer de bonnes ondes et être dans le flux. Pour favoriser le double processus de décontraction et de concentrationon peut porter son attention dans la région du cœur, en respirant profondément et lentement au travers du coeur, tout en se connectant à la sensation de chaleur qui s'y dégage. Et encore visualiser que le cœur envoie le sang dans chaque cellule du corps, permettant au corps ,dans son entier, d'être le véhicule de l’apprentissage.

b. à la fin d'une phase d'apprentissage, on peut l'utiliser comme un geste corporel permettant de sauvegarder les informations en conscience, et comme un moment de récompense d'avoir pris le temps de bien travailler. C'est une phase d'enregistrement, telle qu'on la ferait à l'ordinateur, pour ne pas perdre les dossiers ! 

On peut y ajouter des mots-clés à réciter comme un mantra (confiance, sérénité...) ou encore un objectif soutenant la posture : 

Je choisis de me mettre en résonance avec la vibration de mon coeur profond,
je m’accorde avec mon rythme intérieur, je suis créateur / créatrice de mon harmonie”
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L'exercice de Cook nous a permis de faire le lien entre le coeur-organe et le coeur-énergie. Regardons maintenant ce qui se passe du côté des canaux énergétiques, tout en faisant des liens avec les organes concernés.   

Tout d'abord, le méridien du coeur : avec un premier point sous l'aisselle et un dernier point à l'extrémité interne de l'auriculaire. Il nous rappelle combien les mains sont reliées au coeur et à la circulation d'énergie et d'amour.

Sur l'externe de ce petit doigt, on trouve le méridien intestin grêle, qui nous enseigne à apprendre de nos expériences. L'organe intestin grêle a pour fonction principale le tri (alimentaire et émotionnel), l'absorption, l'assimilation et l'intégration. Et c'est vraiment là la clé de l'apprentissage : quelles informations est-il important de garder, comment les trier, comment les intégrer, comment les stocker dans la mémoire ? On est ici avec notre 2ème cerveau !!!

On pourrait dire que ces 2 méridiens, situés sur un même doigt, font la paire. Ils font d'ailleurs tous les 2 partie de l'élément Feu en MTC et sont associés à la joie et à l'été.

Petit retour du côté des organes : nous avons vu que le coeur a son propre réseau de neurones et de neurotransmetteurs. C'est également le cas pour l'intestin grêle, qui assure la production de 85 % de sérotonine, le neurotransmetteur de la sérénité et du bien-être. Incroyable, non ? 

Le coeur, en tant qu'organe, est indissociable de son enveloppe, appelée péricarde. Cette enveloppe doit rester souple, afin que le coeur puisse battre joyeusement. Face à l'apprentissage, il est important de privilégier la détente : pas de réel apprentissage dans le stress et la dureté, dans le jugement de soi et dans la culpabilité.  Le méridien associé au péricarde est le maître du coeur : avec un premier point sur la poitrine et un dernier point sur le majeur et encore avec un point très important dans le creux de la main ( ou dans le coeur de la main). Pour soutenir l'énergie du maître du coeur, il est bon de se souvenir de cette phrase : 

je me pardonne toutes mes limitations, toutes mes imperfections, toutes mes difficultés, toutes mes incohérences. Je m’accorde de la tendresse et je favorise la souplesse en moi.
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Apprendre par coeur ou à prendre avec le coeur ?

C'est en étant pleinement dans le corps et dans le coeur que l'on va faciliter la mémorisation. Quand le coeur n'y est pas, quand on ne trouve pas de sens (d'essence) à l'apprentissage, cela risque toujours plus compliqué ! C'est peut-être que là, de bonnes stratégies peuvent soutenir et alléger le travail de mémorisation.

Quelques points essentiels à connaître : 

La mémorisation est nettement plus efficace quand on prononce à haute voix, afin de laisser résonner en soi les vibrations générées par les informations à mémoriser .Trop souvent les élèves se contentent de lire ou de mémoriser en silence (dans leur tête !).   

Le travail à voix haute sollicite plus la respiration (pas de son si l'air ne passe pas par les cordes vocales), et donc amène plus d'oxygène au cerveau, surtout si on y met une intention de densification. A l'inverse, on est souvent en mode apnée quand on travaille uniquement dans sa tête, et par conséquent, on est assez inefficace.

Il est essentiel d'écouter le son de sa voix, afin de la diriger en direction des oreilles, et à l'intérieur du corps et du coeur (vers les oreillettes ). Quand on va rechercher une information,  c'est à l'intérieur de soi qu'on va, pas en dehors de soi !

Oui, il  faut un peu plus de courage (ce mot est dérivé du mot "coeur") pour répéter à haute voix, car on ne peut plus s'échapper dans ses pensées et on est confronté à soi-même (soi-m'aime) et à ses difficultés. Apprendre nous demande de nous mettre dans une position d'ouverture et de compassion vis-à-vis de soi-même.

Pas d’apprentissage véritable sans implication personnelle de l’apprenant, sans véritable cohérence entre l’intention (ou l’obligation) d’apprendre et l’énergie  disponible pour cet apprentissage.

Pas de mémorisation efficace sans concentration : être concentré, c'est être dans son centre. Et son propre centre, c'est le coeur. Ce coeur qui se situe à mi chemin entre le cerveau et l'intestin.

Tant qu’il y déconnexion entre le corps, le cœur et les cerveaux, (cortex et 2ème cerveau) l’apprentissage ne sera pas optimal. Il est essentiel de les mettre en résonance les uns avec les autres.

Il est important de retrouver la joie de l’apprentissage et de pouvoir « s’en donner à cœur joie ». Quelquefois, il suffit de se poser la question : comment puis-je mémoriser ces informations avec plaisir ? des supports tels que la mise en évidence par des couleurs, ou par un jeu de petites cartes, ou par des mouvements ...tout est bon à essayer ! Mais cela suppose de choisir d'être acteur de ce travail de mémorisation. A prendre avec le coeur, par amour pour soi.

 

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Du fond du coeur, que ces quelques lignes puissent accompagner et soutenir ceux et celles qui ont en besoin.

Avec toute ma gratitude pour vos partages

 

 

 

UN PAS EN DIRECTION DU PRINTEMPS

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Vive le printemps qui pointe le bout de son nez ! Cette nouvelle énergie me donne envie de partager avec vous quelques lignes autour du printemps en MTC, qui s'exprime dans l'élément Bois et les méridiens Vésicule Biliaire et Foie.

Suivez-moi, pas à pas ! J'y mêlerai des propos énergétiques, corporels et symboliques. 

J'ai l'immense privilège d'avoir mon cabinet de kinésiologie juste au-dessus d'une menuiserie. Pendant mes séances, je garde le contact visuel avec un petit cordon boisé et une jolie rivière qui coule à son rythme : je nourris ainsi mon foie et mes yeux ! Quelquefois, je fais le pas ... et je me prends quelques minutes pour être en contact direct avec la nature et ainsi me laisser régénérer par la verdure environnante. Impossible de rêver mieux que cela : je suis en plein coeur de cet élément bois, qui nous donne la capacité à nous mettre en mouvement et c'est aussi le sens de ma pratique thérapeutique (étymologiquement, le mot kinésiologie signifie la science du mouvement) ! 

L'énergie du printemps est une énergie montante, qui vient contrebalancer celle de l'hiver qui nous invitait au ralentissement et à une forme d'hibernation - introspection. Le printemps  nous permet d'être le bourgeon qui se transforme et qui va vers l'éclosion de la meilleure partie en lui. Nous sommes tous appelés d'une manière ou d'une autre à "fleurir" dans notre vie, année après année.

Faisons un détour du côté linguistique : le mot français de "printemps" est relié à la primevère et à un "premier temps". En allemand,  "Frühling" nous indique quelque chose qui vient tôt, en avance. En anglais, le mot  "spring" va aussi bien désigner le printemps que la source, ou encore le bond et l'élasticité : c'est un mot chargé d'énergie de mouvement. Il y a  dans la prononciation de ce mot un caractère très rebondissant ! 

Revenons au printemps :  en Médecine Traditionnelle Chinoise, le printemps nous fait signe avant le 21 mars, puisqu'il y a 5 saisons. Pour les Romains,  le printemps commençait le 8 février. Dans notre calendrier, c'est le 21 mars qui signale l'équinoxe, cet équilibre parfait entre le jour et la nuit. 

Mais quelle que soit notre grille de lecture,  le printemps nous invite au renouveau et à une renaissance de nous-même : pour nous dépasser ou nous surpasser. Chaque année, il nous donne la possibilité de redéfinir nos choix, de prendre de nouvelles décisions, pour nous améliorer, pour nous transformer et avancer dans notre vie.

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C'est la fonction du méridien Vésicule Biliaire (situé entre le coin de l'oeil et le 4ème orteil ) , que de nous aider à faire des choix. Quelquefois nous hésitons et nous stagnons, par peur de nous tromper. Pourtant, il est essentiel d'avancer dans notre vie et il est même vital d'oser prendre le risque de faire des mauvais choix. Et si les choix ne se révèlent pas porteurs d'une énergie positive, il convient de rebondir et d'en faire d'autres. 

Mais quelquefois on manque d'énergie à la fin de l'hiver et on ressent beaucoup d'apathie ou de léthargie (d'ou l'idée de faire une détox du foie, afin de l'alléger). Ceci est d'autant plus vrai si on n'a pas bien pris soin de nos reins pendant la saison hivernale : on se sentira alors é-reinté, ne mettant plus un pied devant l'autre. C'est juste cohérent tout cela ! 

Vous me suivez toujours ? Alors, arrêtez de traîner les pieds et rebondissez avec moi... on va plonger au coeur du printemps ! 

En MTC, les méridiens fonctionnent par 2 : ainsi vésicule biliaire et foie sont complémentaires. Ce qui est juste incroyable, c'est que le départ du canal énergétique du foie est justement sur le pied, sur le gros orteil. On pourrait même entrevoir que ce début du méridien Foie vient en résonance avec la fin du méridien Vésicule Biliaire.

L'énergie du méridien Foie nous permet de nous ouvrir au changement et nous donne l'énergie de passer à l'action : en d'autres termes, de concrétiser nos choix, en les faisant passer dans la matière . Souvenez-vous qu'il y a concrétisation d'une idée ou d'un projet à partir du moment où il y a matérialisation. Pas avant !  

Oui, il en faut quelquefois du courage, de la confiance et de la foi pour passer à l'action et pour aller concrètement vers un changement. Tout cela est possible grâce au rebondissement et au pied (notamment à ce gros orteil) qui va se dérouler et nous permettre de nous propulser en avant. C'est stratégique et efficace, cette manière d'avancer ! Vous ne pourriez pas avancer correctement avec un pied qui se pose simplement à plat, sans se dérouler. C'est tout à fait cohérent, encore une fois ! 

 

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Dans les pratiques énergétiques tel que le Qi Gong, les 2 premiers points du foie sont  essentiels pour notre enracinement et notre stabilité, mais ils vont également être fondamentaux pour "y aller" et rebondir. Nous pouvons l'expérimenter en apprenant à nous balancer vers l’avant, tout en gardant la conscience de ces points qui nous ancrent à la terre, puis en revenant dans notre axe. Le défi, ici, est de rester dans le présent ( dans une posture d’alignement, de verticalité et de centrage), et être prêt à faire un pas et ainsi à avancer quand ce sera le moment .

 

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Mais il y a bien plus sur ce canal énergétique du foie :  j'en profite pour remercier Rivka Cremisi, enseignante de Qi Gong de Verticalité Intérieure, et auteure du livre : "Splendeur des Lettres, Splendeur de l'Etre"  qui, transmet généreusement ses connaissances en la matière. Le foie est le dernier méridien à s'installer en vie intra utérine et c'est lui qui boucle la boucle énergétique. Il est aussi le seul à avoir ce qu'on appelle en MTC 2 points de "porte" successifs : F 13 et F 14. Or ces points ont une dynamique particulière ...qui me reste encore un peu mystérieuse mais qui me fascine.  

Alors début ou fin ? L'un ne va pas sans l'autre. Fin et commencement sont intimement liés, vous en conviendrez ! L'arrivée du printemps  signale la fin de l'hiver !  

De la même manière, la fin de la vie intra utérine est le début de notre arrivée sur terre : la naissance, véritable épreuve initiatique, est un moment de pas-sage, avec un immense défi : nous surpasser pour naître. Quelque part, chaque jour de notre existence nous demandera de nous affirmer dans notre identité et dans nos choix. En d'autres termes, de faire un pas après l'autre, pour aller vers l'expansion de nous-même ! 

Puissiez-vous à chaque printemps véritablement naître à vous-même, en faisant les choix qui sont bons pour vous et en les concrétisant.

Et maintenant, bondissez et sautez à pieds joints pour célébrer le retour du printemps ! Cela fait tellement de bien !!!

UN APPEL VERS LA FLUIDITE :

Dans ma pratique en tant que kinésiologue professionnelle et praticienne de Brain Gym,  j'affectionne particulièrement 2 exercices : les mouvements croisés et les huit couchés. Le premier nous enseigne quelque chose autour de la co-ordination et de la verticalité, alors que le second nous emmène vers l'exploration de la fluidité et de l'expansion.  

C'est du huit couché dont j'ai envie de vous parler aujourd'hui. Il y a pour moi une richesse incroyable dans ce symbole de l’infini, et on peut adapter cet exercice en fonction de l’âge de l’apprenant et ainsi créer du sur-mesure :c'est la clé pour aller vers l'expansion de son propre potentiel.

La constante, c'est que cet exercice nous demande de nous placer au centre, puis de développer à égalité l'exploration de la gauche et de la droite. Le Brain Gym traditionnel nous propose le huit couché pour les yeux, dans lequel on place le pouce au niveau du nez, ensuite de quoi on dessine une boucle alternativement sur un côté et sur l'autre. Mais impossible à mon sens de vérifier que les boucles sont à égalité si on le pratique seul... et aucune trace n'est réellement visible puisque ce huit se développe en l'air. Il est, par conséquent, difficile, de s'améliorer si l'objectif est de développer une latéralité  équilibrée, sans prédominance d'un côté ou de l'autre.

Et pourtant, il a de nombreuses vertus : 

  • il intègre les champs visuels droit et gauche et permet ainsi de traverser la ligne médiane sans interruption
  • il active le cerveau pour une vision binoculaire et favorise l'intégration hémisphérique
  • il améliore la vision périphérique et la coordination entre l'oeil et la main
  • il permet, selon Paul Dennison, (concepteur du Brain Gym) une amélioration de 70 % dans les tests.

Pas mal, je reconnais ! Mais cela me laisse un peu sur ma faim et j'aime à penser que ce symbole nous propose une exploration sans fin ! 

Pour tout ce qui est du domaine scolaire et amélioration des capacités cognitives (écriture, mémorisation), je privilégie des huit couchés qui laissent des traces et /ou qui incluent la densité du corps. Je l'intègre aussi de manière énergétique mais dans d'autres domaines d'application (ce sujet sera développé dans un autre billet !)


Quelques variations du huit couché, en fonction de l'âge  :

En phase de pré-apprentissage scolaire (3-5 ans) : l’essentiel est que l’enfant apprenne à habiter pleinement son corps, qu’il reconnaisse comment se connecter à ses organes sensoriels, et surtout qu’il s’enracine profondément pour être solide et confiant en toute circonstance.

a. version bricolage : l’enfant crée son propre huit, sur un grand carton, avec de la laine ou un tissu. Il le place devant lui et intègre le tracé du huit, en le touchant avec l’index. La tête reste immobile, ce sont les yeux qui travaillent.  L’objectif, c’est d’intégrer que l’on est plus efficace si l’on commence une activité en étant tout d’abord centré (et concentré). Progressivement, le passage du centre (et de la ligne médiane de notre corps) va se faire fluide.

b. suivre le fil : marcher sur une corde que l’on aura placée au sol, en respectant la forme du huit couché. On commence par le centre, en prenant quelques bonnes respirations. Le but est d’intérioriser progressivement ce signe de l’infini, en le reproduisant par la marche, et ceci sans être obligé de regarder par terre. C’est le bas du corps qui va permettre d’intégrer la fluidité du huit. On peut aussi plier légèrement les genoux, pour accentuer l’enracinement.

c. dans le creux de la main ou autour du nombril : ici c'est la  maman qui dessine le huit, et l’enfant reçoit cette belle énergie de fluidité. Cette imprégnation tactile fonctionne comme une inscription dans le corps et amène une sensation de sécurité, sécurité par rapport à l'amour circulant entre une mère et son enfant. Il est conseillé de toujours commencer le tracé du huit vers le haut, et vers la gauche, comme si, symboliquement on voulait intégrer le coeur et se relier au miracle de la vie. 


En âge de scolarité (6-8 ans) : c’est une période intense et riche pendant laquelle les enfants vont être soumis à beaucoup de choses nouvelles à intégrer. De nombreux enfants vont souvent souffrir  de devoir rester immobiles sur leurs chaises. C’est à ce moment qu’ils risquent de se bloquer ou de se figer dans leurs corps, en dissociant la tête et le corps Il sera bon de privilégier la fluidité, surtout au niveau du bassin.

En dehors de l’école, à la maison : pour entrer dans la densité corporelle

a. debout, bouger le bassin en reproduisant la forme d’un huit. Comme une danse libre et fluide, à la manière d’une algue au fond de l’eau.

b. debout, pour améliorer la posture d’ancrage et la conscience du bassin comme un réceptacle d’énergie. Bouger comme avec un cerceau qui irait des pieds vers le bassin et du bassin vers les pieds.

c. debout, passer une balle autour des pieds en reproduisant le 8. On peut utiliser les 2 mains.

d. en l'air, en réunissant les 2 mains devant soi, dessiner un huit couché, en partant d’abord sur la gauche. Garder l’axe et éviter que la tête ne bouge sinon les yeux ne feront pas leur travail. En veillant à laisser de l’espace au niveau des aisselles et des bras, on évite d’être coincé et on se sent comme libre. Cela va être indispensable pour écrire.

A l’école et à la maison :  

e. le  « balancement – bercement » : version adaptée du « balancement » de Brain Gym. En position assise, à même le sol, et en sentant les ischions, se laisser balancer. Dans un mouvement conscientisé qui rappelle celui du huit. Ce n’est pas la tête qui contrôle le mouvement mais c’est la vie dans le corps qui donne l’impulsion du mouvement. C’est un peu comme si on flottait. C’est plus simple si on ferme les yeux ! Cette manière de pratiquer va nous rappeler le temps de vie intra-utérine, quand nous étions libres dans notre corps, et quand nous flottions dans cet océan d’amour inconditionnel. En réactivant l’énergie dans le bassin, on relance le liquide céphalo-rachidien, qui va nourrir les neurotransmetteurs. On comprend ainsi que dès qu’on bloque le corps, le cerveau ne peut pas être nourri correctement. Cet exercice est facilement adaptable en classe, car il peut être très discret tout en restant très efficace. Assurément un de mes exercices préférés, qui nous reconnecte à l'essentiel : la vie en nous ! 

f. pour fluidifier la lecture et l'écriture : fermer les yeux et tapoter la forme du huit, autour des yeux, comme s'il s'agissait de lunettes. Le contact tactile va en même temps détendre cette zone et mettre l'attention sur le visuel. Comme à l'habitude, le geste commence au centre, c'est-à-dire sur l'espace du nez qui se situe entre les sourcils.

Idem, mais les yeux ouverts, ceux-ci devant suivre le tracé des doigts. Les yeux vont être obligés d’aller dans toutes les directions et vont ainsi ouvrir plein de zones cérébrales !!!

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Sur papier, en mode graphique : pour respecter la progression, débuter avec la version du huit couché « entre les lignes ». Dessiner le centre, entre les lignes, puis une première boucle qui monte vers la gauche, touche la ligne supérieure, redescend et touche la ligne inférieure, croise au centre et repart vers le haut, pour terminer en touchant la ligne inférieure. L’idéal est de passer plusieurs fois sur le trajet et d’améliorer la symétrie des boucles. Le but, c’est de forcer les yeux à travailler à égalité et à collaborer.

 

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Ce  huit montre une difficulté dans le centrage : l'enfant, spontanément, ne se place pas au centre avant de déployer le huit couché. Il y a aussi une inégalité de traitement des 2 hémisphères : les 2 boucles ne sont pas égales et la gestion cérébrale démontre une prédominance d'un hémisphère sur l'autre.

 

Selon la maturité cérébrale de l'enfant, les boucles expriment assez souvent des déséquilibres mais la pratique permet de progresser. Ce qui se voit sur le papier, c'est qui se passe dans le cerveau. Or il est important de garder des traces pour valider la progression et renforcer ainsi l'estime de soi et la confiance.

Intéressant également de s'exercer avec la main non dominante, pour créer de nouvelles connexions cérébrales et dépasser ce qui nous semble impossible. Vous serez surpris de constater que si on pratique avec notre main non dominante, on est capable d’écrire avec cette même main, soit plus vite, soit mieux ! Cessez donc de vous limiter à ce qui vous semble impossible ! Passez à l'action, observez sans vous juger et progressez ! 


Pour les 9 -12 ans : dans cette tranche d’âge, l’école impose de plus en plus sa vision « cerveau gauche » avec une préférence pour l’intelligence logique, de détails et d’abstraction. Ceux et celles qui sont plutôt créatifs et avec une vision plus globale risquent de galérer… Il suffirait de les inciter à pratiquer quelques exercices de la ligne médiane (Brain Gym), pour avoir la collaboration de leurs deux hémisphères.

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a. la ballade en huit est idéale pour booster la mémorisation : se mettre au centre, puis déambuler sur la forme d’un huit, en apprenant sa leçon (à haute voix) ou en vérifiant que l’on connaît sa leçon sur le bout des doigts. Ce qui est étonnant, c’est que le flux de la marche va s’interrompre à chaque fois que les informations ne sont pas suffisamment intégrées. C’est donc un excellent indicateur pour retravailler ce qui n’est pas suffisamment su et pour se remettre en mouvement

b. en version ballade ou graphique, pour intégrer un objectif 

Je reste centré et concentré, tout en me déplaçant et tout en m'ouvrant à de nouvelles possibilités. 

Je suis le centre et je suis le flux.

c. dans une dimension symbolique : dans le huit couché, la boucle de gauche peut représenter le passé et la boucle de droite, le futur, le centre étant l'instant présent. On peut donc renforcer l'intégration de ces 3 dimensions temporelles avec la phrase : j'intégre les évènements passés et je fais confiance à l'avenir tout en étant dans le présent.

 

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Ma conclusion : osez donner libre cours à votre créativité ! Partez à l’aventure avec ce huit couché !

Réveillez votre potentiel ! Amusez-vous, envolez-vous … !

Belle lecture à vous et excellente mise en pratique

 

 

AUTOUR DE L'OREILLE

J'adore les mots que l'on entend de plusieurs manières : ils en-chantent, telle une douce mélodie,  mon oreille musicale. 

Ainsi, le verbe "résonner" éveille en moi quelque chose du cerveau droit, créatif, intuitif, émotionnel, vibratoire. 

Le verbe "raisonner", quant à lui, évoque l'hémisphère gauche, sa rationalité, son aspect plus rigide, précis, logique. 

Les 2 mots peuvent s'entremêler et créer un espace de résonance, à l'image de notre cortex (mot que l'on peut entendre  "corps - texte" ) : un hémisphère droit dédié à ce qui résonne, un hémisphère gauche en lien avec ce qui raisonne. Entre les 2, un corps calleux, qui permet la collaboration et la bonne entente hémisphérique

 

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Inspirée par une  formation donnée aux thérapeutes TOMATIS, et au sein de laquelle l'oreille et la naissance étaient au centre du partage des connaissances, je vous livre ici, quelques lignes autour du "bien entendre et bien s'entendre", du "bien-être et bien-naître". Avec en filigrane le rappel que la manière de venir au monde peut avoir un impact sur la relation au travail scolaire et au travail de manière générale.

 


I : A propos de l'oreille :  

Rien de nouveau ... Vous retrouvez les mêmes informations dans mon livre (entre parenthèses, la page où vous trouverez plus de détails)  et dans d'autres publications sur mon blog. 

En MTC, l'oreille, le rein, le pied partagent la même forme d'un germe et d'un foetus prêt à naître  (p.44). Ils entrent en résonance les uns avec les autres. 

La plante du pied, comme  l'oreille, mais aussi la paume de la main (les bras et les mains sont le prolongement du coeur) , sont des hologrammes.  Cette cartographie de notre corps en entier sur différents organes est le signe que tout est dans tout. En massant le lobe de l'oreille ou les orteils, vous détendez et réveillez le cerveau ! (p.34).C'est une autre manifestation de résonance.

Nous le savons : les pieds captent les vibrations de la terre comme les oreilles captent les vibrations du ciel. Entre 2, les reins font le lien entre le bas et le haut. 

En kinésiologie, on va penser à masser les reins pour renforcer l'écoute.

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Et en Brain Gym, l'exercice de l'éléphant (qui ne mentionne pas s'il s'agit de celui d'Afrique ou d'Asie !) entre en résonance avec l'expression "avoir une mémoire d'éléphant", dans un contexte de mémoire auditive. Vous le savez ou pas : l'éléphant se sert de ses pieds pour écouter les appels des autres hardes, grâce aux vibrations transmises au travers du sol, par les pas des autres éléphants, et ceci surtout quand il s'agit d'éléphants qu'ils connaissent. On est ici avec une reconnaissance de vibration sonore ! Bel exemple des liens entre pieds et oreilles.

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Revenons au corps humain : les reins sont reliés à la naissance et à la mémoire de nos ancêtres.(p.44) Quand nous venons au monde, nous sommes porteurs de l'histoire de nos ancêtres. Nous pouvons nous décharger des programmes et bagages encombrants de nos ancêtres, après une re-co-naissance de qui ils étaient. Indirectement, évoquer la naissance d'un ancêtre et son existence, c'est lui donner une vraie place et cela permet de mieux prendre la nôtre.  Pour cette raison, il est judicieux de monter un arbre généalogique jusqu'aux arrières-grands-parents. C'est ce qui, en tous les cas, fait sens et résonne dans ma pratique en tant que kinésiologue.

Les non-dits familiaux sont autant de mémoires silencieuses qui nous ont été chuchotées, murmurées  et qui sont parvenues au creux de notre oreille, mais qui n'ont pas le droit d'être révélées. Les secrets sont le plus souvent exprimés à demi-mots, et ce sont les générations suivantes qui risquent de les matérialiser à demi-maux. Gardons en tête que l'inter-dit, c'est aussi ce qui est dit entre les lignes ( ou entre les lignées ) et qu'au départ, la transmission des informations, d'une génération à une autre, est purement orale. C'est ainsi qu'elle est véhiculée. La force d'un secret, c'est que même s'il n'est pas entièrement révélé, les cellules du corps le stockent de manière silencieuse,  comme une empreinte, et un jour ou l'autre, d'une manière ou d'une autre - et ceci souvent au travers de pathologies importantes,- le secret se manifeste au travers du corps. 


II : l'oreille et l'écoute : "bien entendre ou bien s'entendre" : ou comment intégrer l'oreille dans son quotidien, dans la communication ...

Tout d'abord, in utero, le foetus développe sa capacité à reconnaître (re-co- naître) la voix de sa maman. Plus tard, les sons doux dirigés vers l'oreille du bébé, les murmures et les sons enchanteurs d'une maman qui se permet d'utiliser une autre vibration que celle de sa voix parlée, tout cela met l'enfant en résonance avec le coeur de la vie et ouvre des espaces. 

Plus tard, en période d'apprentissage, à l'école, il va être important de développer la mémorisation auditive

Pour ce faire, voici plusieurs outils : 

  • écouter le son de la voix (de sa propre voix) pour mieux mémoriser, pour se ré-approprier la connaissance (p.42)
  • utiliser un porte -voix, (les mains se placent devant la bouche, pour créer une forme de paravent) afin que la voix se dirige plus directement vers les oreilles et glisse à l'intérieur du corps (p.43)
  • répéter la même information au moins 3 fois.
  • adopter le mode "haute voix, murmurer, silencieux, murmurer, haute voix". 
  • masser vigoureusement les reins afin d'ouvrir la porte de l'oreille interne (la capacité à se parler à l'intérieur, à réfléchir efficacement en silence). Bon nombre d'élèves sont en difficulté scolaire car ils n'ont pas cette capacité liée au discours interne silencieux. (p.44)

Pour bien entendre et bien s'entendre : (p.110-111) communiquer en vibrant sur les mêmes ondes de fréquence ! Si une maman accompagne les devoirs de son enfant en privilégiant un langage visuel (tu vois, regarde, c'est écrit !) alors que son enfant utilise plutôt un langage auditif (entendre, écouter, parler, communiquer), il y a que peu de chances que les 2 s'entendent et que le courant de la communication passe réellement. C'est à l'adulte de s'adapter dans ce contexte d'apprentissage. 

Le constat, c'est que c'est très souvent la maman qui est en charge de l'accompagnement des devoirs. Quelquefois, les tâches sont réparties entre la mère et le père, en fonction des matières scolaires. Ce qui n'est pas entendu et compris par l'enfant, peut le devenir si l'autre parent se charge de le transmettre. Tout en question de complémentarité et d'équilibre. L'essentiel étant qu'il y ait une bonne entente entre le parent et l'enfant. L'énergie et la vibration transmises au travers de la voix ne sont pas identiques chez le père et chez la mère ... et c'est pour cette raison qu'il est intéressant de jouer avec cette complémentarité. 

Globalement, en tant qu'adulte, le  défi sera de plonger en soi pour écouter sa petite voix, tendre l'oreille en direction des autres, mais surtout en direction de" soi- m'aime". Développer des espaces de résonance douce avec soi-même, afin de favoriser le bien-être. 


 

III : du bien-naître au bien-être : 

J'aborde ici la question du rythme et du flux pendant la naissance, en mettant en lumière 3 étapes essentielles. 

1. le passage lui-même, (avec la venue au monde de l'enfant). 2. la coupure du cordon 3. la délivrance du placenta

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1. le passage de la naissance : 

Dans l'idéal, le moment de la naissance devrait manifester une complicité relationnelle entre la mère et le foetus, une forme de jeu (je) relationnel au travers duquel l'enfant à naître signale qu'il est prêt, que c'est le moment pour lui d'atterrir (arrivée sur la Terre). Le moment-clé, c'est celui de la perte des eaux. Bien souvent, ce moment est stimulé ! 

Toutes les provocations vont perturber ce rythme naturel, physiologique et vont laisser des traces comportementales,avec des enfants qui auront le plus souvent une relation à la gestion du temps difficile (géré par le cerveau gauche) et une difficulté à accepter les contraintes, les règles et globalement l'autorité, représentée ici par les médecins ou les sage-femmes, puis plus tard, par les enseignants et les parents.

Si l'enfant est né par césarienne, le temps d'adaptation entre le milieu aquatique - fluide  et l'environnement terrestre - matière est trop court pour être facilement intégré. Il risque de s'inscrire comme un choc, car le rythme imposé dans ce passage n'a pas pu se faire de manière respectueuse et douce.

S'il s'agit de césarienne programmée, pour arranger le corps médical, encore plus que par mesure de santé pour la maman, l'enfant risque de se sentir victime de la décision  externe de sa venue au monde. N'ayant pas pu se mettre en relation avec sa propre puissance, il gardera en mémoire qu'il n'a pas eu le choix et cela aura un impact sur les méridiens de l'harmonie - fluidité  (3R) et celui du choix (VB).

Pour réparer la césarienne je vous propose l'exercice de l'englobement-enveloppement (p24), dans lequel on enveloppe le corps de l'enfant, par un toucher doux mais ferme, permettant de créer la sensation de ce qui est, normalement, vécu dans une naissance par voie basse, - et ceci de la fontanelle jusqu'à la racine des pieds. C'est ainsi que l'on va intégrer la dimension physique du corps et faciliter la prise de conscience que l'on a atterri, dans le sens que l'on est arrivé sur terre. A répéter autant de fois que nécessaire, le contact tactile amenant toujours de la sécurité pour l'enfant et de l'apaisement de la culpabilité de la mère, si elle voulait éviter une césarienne  mais n'avait pas eu d'autre choix que celui-là.

2. Après la naissance proprement dite, vient la coupure du cordon ombilical, qui est souvent trop précoce et non respectueuse du rythme des battements de cette pulsion de vie. Il est recommandé et essentiel de laisser le cordon prendre son temps. Donner du temps à cette  transition, c'est imprégner toutes les phases de changement à venir de paix... Oh comme ce serait bénéfique d'avoir ce temps de pas - sage... !  

On comprend mieux que lorsqu'un enfant perd ses moyens en classe, alors qu'il a la sensation de connaître sa leçon sur le bout des doigts à la maison, c'est qu'il réactive les instants post-naissance, alors qu'il se sentait en sécurité in utero. Car la classe, c'est l'extérieur de l'utérus. Et le premier grand test ou examen qu'il a vécu, c'est celui de la naissance.

3. la délivrance du placenta : alors que l'enfant est né, une partie de lui reste encore à l'intérieur de sa mère : son placenta. Car le placenta appartient à l'enfant et représente une forme de double, de jumeau, de doudou. Il y a donc perte du côté de l'enfant, alors qu'il y a délivrance du côté de la maman, (pas toujours facile quand on doit aller rechercher ce placenta qui ne veut pas sortir spontanément, souvent le signe que la maman retient une partie de l'enfant - représenté par le placenta).

Avec cette dernière étape de naissance, on est avec un passage de la "place en toi" (qu'on entend "placenta") vers un autre défi : celui de la "place en terre" (qu'on entend "placentaire"). Les parents seront là pour faire grandir, à l'intérieur de leur enfant,  la sécurité, la confiance d'aller vers l'exploration du monde. C'est une histoire de c(h)oeur à c(h)oeur.

 


IV : les points des canaux énergétiques autour de l'oreille : 

Il existe de nombreux points d'acupuncture autour de l'oreille mais 3 d'entre eux attirent mon attention : situés sur une ligne "comme face à une porte d'entrée". Je n'ai pas de recul sur la manière de les utiliser ou de leur donner du sens en consultation mais je vous soumets simplement mes observations et mes réflexions.

 

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Hasard ou pas ... toujours est-il que la naissance est reliée à l'énergie des reins, que les reins partagent avec les pieds et les oreilles une même énergie en relation avec une forme de germe, d'embryon ou de foetus (p.44)  et que ces points "racontent" des histoires intéressantes si j'en crois le décodage de G. Athias ("le corps point par point").

Tout d'abord, le point 19 IG : dernier point de ce canal énergétique de l'intestin grêle. Le premier point est situé à l'extrémité de l'auriculaire (petit doigt ou doigt du secret : en lien avec l'expression "mon petit doigt m'a dit ").

Gérard Athias, évoque sur ce 19ème point une problématique à la naissance (forceps, fontanelle)... Etonnant, non ? ou plutôt non ... ce n'est pas étonnant si on accepte le lien qu'il y a entre la notion de travail de l'accouchement et le travail scolaire. 

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Car le travail scolaire et de manière globale, l'apprentissage (de la vie ou lié à l'école), exige de nous qu'on trie les informations à retenir, pour ensuite les assimiler. C'est exactement la fonction de l'intestin grêle en tant qu'organe. Or c'est un canal énergétique fondamental pour l'apprentissage. C'est sur le petit doigt qu'on se repose pour écrire. C'est également le 3ème point de ce canal que l'on va tapoter pour sortir de la confusion ou de l'inversion psychologique (point karaté). (p.37), avec la phrase "je m'aime avec tous mes défauts, toutes mes erreurs et toutes mes qualités".

A un niveau social, la notion d'intégration et d'assimilation signifie : se sentir intégré (dans la famille, en classe) , se sentir faire partie de.

L'intestin grêle en tant qu'organe représente notre 2ème cerveau, et c'est à ce niveau qu'est produite 85 % de sérotonine, hormone du bien-être (bien naître) et de la détente ! Tellement de choses se passent au niveau de notre ventre !

Mais ce n'est pas tout :  les méridiens de l'IG et du Coeur sont reliés : ils font tous les 2 parties de l'élément feu en MTC. Et c'est comme si pour le travail d'apprentissage par coeur, cette étape d'assimilation et de mémorisation ne peut se faire qu'en apprenant par le coeur et avec le coeur. Au travers des oreillettes du coeur. L'apprentissage doit se faire dans la joie, avec du feu et de la passion. C'est tout un défi, j'en conviens ! 

Alors je salue ici tous ceux et celles, petits et grands, qui ont besoin de passer par l'expérimentation et prioritairement par les mains pour intégrer, enregistrer, assimiler, les mains étant conductrices de nos actions et le prolongement du coeur.  Je pense à tous ces apprenants kinesthésiques dont l'école ne sait pas que faire mais dont il faudrait tenir compte beaucoup plus !  

Tout proche de ce 19 point IG, le  point 21 du Triple Réchauffeur. La particularité ici, c'est que c'est un point de porte ("porte d'oreille"), et par conséquent, avec une fonction et énergie particulières. Le méridien 3R est lié à la notion d'harmonie et de flux. Quand il dysfonctionne, on a l'impression de nager à contre-courant et d'être comme contrarié dans son rythme et dans le flux naturel des événements (on retrouvera les expressions : "je rame", "c'est galère"). C'est exactement ce qui se passe lors de déclenchement programmé de naissance : le rythme et le flux ne sont pas respectés ! 

Pour terminer, regardons encore le point 2 VB : on est ici avec le trajet énergétique lié aux choix, aux décisions. 

G. Athias mentionne les problématiques suivantes : conflit de séparation auditive / je dois être vigilant et attentif, à l'écoute (paranoïa dans une tonalité auditive) / besoin de localiser le bruit / besoin d'entendre ma mère (et d'autres encore, mais toutes en lien avec des histoires d'oreille et d'écoute). 

Le méridien de la vésicule biliaire est couplée à celui du foie, qui, lui,  nous permet de nous ouvrir aux changements et de concrétiser nos choix. Avec VB et Foie, on est dans l'élément Bois en MTC et c'est toute l'énergie contenue dans le printemps, et par conséquent dans la naissance. 

Quelquefois nous avons trop tendance à aller vers le "raisonner"  alors qu'il serait plus sage de faire un pas vers le "résonner". L'équilibre (et quand on parle d'oreille, on parle forcément du système vestibulaire et de l'équilibre) est juste entre les 2.

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Pour intégrer cette notion dans la matière, l'exercice des Points d'Equilibre nous y invite : 2 doigts posés derrière l'oreille, l'autre main sur le nombril , et voici une manière efficace de mettre en relation toutes les dimensions corporelles. A pratiquer des 2 côtés.  Il n'y a rien de tel que l'expérimentation par le corps, encore et encore. 

Et si l'essentiel, c'était simplement d'ouvrir nos écoutilles pour entendre mieux quels sont les choix à faire pour aller sur le chemin de notre légende personnelle


Shanti, Shanti, la vie est enchantement ! L’essentiel est d’ouvrir les oreillettes du coeur et de créer des espaces de résonance

Avec toute ma gratitude pour le partage autour de vous. Je souhaite que ces lignes puissent résonner en vous.

Et si le coeur vous en dit, vous pouvez désormais vous abonner à mon blog : il suffit de cliquer au bas de la première page de mon site. 

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